TROISIÈME PARTIE
faits contre le suicide s'appliquent à la peine de mort, lorsqu'une fois on est arrivé dans le système d'idées où nous sommes graduellement parvenus. Ce n'est pas nous qui nous sommes volontairement placés dans le temps, et la vie n'est pas pour nous un don purement gratuit. Ce n'est point à nous à nous priver du temps et de la vie, parceque nul n'est sûr des conditions de l'un et de l'autre. Ten dirai autant pour la perpétuité de la réclusion, et, à plus forte raison, pour les fers, pour les peines entraînant la flétrissure. En suivant les régies de l'analogie et de la transformation des idées, nous trouverons que le sentiment religieux qui fait fléchir la croyance aî)solue aux peines éternelles, et le sentiment social qui nie la nécessité de la peine de mort, sont identiques: l'un est l'expression de l'autre ; comme l'un des dogmes fut l'emblème de l'autre. Mais pour que ces deux sentiments identiques puissent gouverner sans contestation, il faut que l'homme religieux et l'homme social méritent également de s'élever à un grade de plus dans l'initiation générale; car, ainsi que nous l'avons remarqué , et par des raisons puisées à la source mystérieuse des traditions, un progrès, pour le genre humain , est toujours le prix d'un effort, la récompense d'une épreuve.
Si j'ai osé sonder deux avenirs à-la-fois, l'avenir