‹ ŒuvresChapitre 16 sur 175 · PREMIÈRE PARTIE. 5i · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 5i

même ont besoin d'être éclairées par un flambeau allumé au même foyer de l'Orient. Les premiers Pères de l'Eglise le savaient bien.

Le moment palingénésique où nous nous trouvons à présent ressemble, sous beaucoup de rapports, aux premiers siècles de notre ère. Lorsque, en faisant abstraction de la tourmente politique et de l'agitation des intérêts individuels, on reporte sa pensée vers le troisième siècle, on ne peut s'empêcher de trouver une sorte de ressemblance philosopbique entre ce siècle et notre temps. Alors le monde assista à la plus belle discussion qui ait jamais occupé les esprits. Alors toutes les traditions étaient encore vivantes, et les livres qui en contenaient les témoignages existaient pour tous, à l'usage de toutes les sectes et de toutes les écoles. Alors les systèmes enfouis dans les vieux sanctuaires de la mYsta^o^ie ésotérique parurent au jour, pour y subir le même genre d'examen que ceux de la pbilosophie exotérique. Alors les Esséniens se mêlèrent, dans le célèbre musée d'Alexandrie, aux pythagoriciens et aux stoïciens, et ne redoutèrent ni les poétiques contemplations de Platon, ni les formules savantes de luniversel et pénétrant Aristote. Alors le chris-

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tianisme, déjà divise en sectes nombreuses, car, puisqu'il était fait pour l'homme, il devait revêtir aussi les différents modes de l'esprit humain , le christianisme, qui n'était point resserré dans les liens dune rigide orthodoxie, ne dédaignait pas de s'appuyer lui-même sur d'antiques traditions , dont les plus importantes n'avaient jamais cessé d'être plus ou moins répandues parmi les nations. Alors les mythes furent expliqués, autant qu'ils pouvaient l'être, sur-tout en leur restituant leur pureté primitive, et en les débarrassant de ce que la brillante fantaisie des Grecs y avait ajouté. Alors les Pères de l'Église, les chefs des différentes écoles, étaient quelquefois étonnés de se rencontrer sur les mêmes routes, à la recherche de la vérité. Certainement le troisième et le quatrième siècle sont l'époque où le plus d'idées ont été en présence. Si nous avions pu conserver tous les éléments de cette éclatante controverse , elle recommencerait aujourd'hui , sans doute avec moins d'étendue quant à la circonscription géographique, peut-être avec moins d'intensité dans les croyances exprimées par les symboles ; mais elle serait mieux préparée par des travaux scientifiques , par la variété et le nombre des esprits , par la lumière rationnelle des méditations. Le temps est venu , je n'en doute point, d'introduire la science dans le domaine des croyances religieuses, comme

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