DEUXIÈME PARTIE
philologie; mais il ne va pas au-delà de ces données.
Le De antiqua Italorurn sapientia a précédé de quinze ans la Scienza miova, et de dix , onze et douze ans, le De universi juris uno principio et fine una; le De constantia jurîsprudentiœ; les Notœ in duos libros, alterum de uno juris principio, alterum de constantia jurisprudentiœ.
Ce n'est pas le moment de caractériser ces différents ouvrages, l'occasion s'en présentera plus tard. Il suffit de dire, quant à présent, que, sans examiner la philologie de Vico, très certainement je tiens pour vraie la féconde inspiration à laquelle il obéit.
Dès 17 10 il construisait son observatoire; il inventait le long télescope dont il voulait , à ses risques et périls, essayer la portée, pour voir s'il parviendrait à découvrir de nouvelles terres dans le fond le plus obscur de l'horizon social.
Il aurait pu prendre ici pour épigraphe ces mots, qui ont passé du grec dans le latin: Qui rerum nomina nàrit, etiam ipsas res pernoscet; ou ceux-ci: Nominum conlemplationem erudilionis principium.
Vico veut prouver par la langue latine, prise à sa source, l'antique sagesse des Italiens. A cela il faut se hâter d'ajouter que les philosophes n'ont pas inventé la langue; qu ils s'en sont servis. Platon , dans le Gratyle , eut la même pensée pour la langue grec-
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que, et j'ajouterai à son égard la même remarque.
La force logique des mots, la puissance de la syntaxe est telle, que Vico a cru la langue latine inventée par le génie philosophique; c'est quelle ressemble à toute langue, sous le rapport général de la forme, et que la forme de l'esprit humain est une forme philosophique.
Ainsi donc une langue à son origine prouve non la sagesse de ceux qui la parlèrent à cette époque, mais cette faculté cosmogonique et synthétique qui est dans toutes les langues; faculté merveilleuse et indéfinissable.
Voilà pourquoi je me suis cru autorisé à dire que la parole est un destin ; et ceci se trouve dans une homonymie latine, rencontrée déjà par Vico. De là cette expression: Verborum relkjio; delà cette maxime consignée dans la loi des xn Tables : ha lin- <jua nuncupâsset, itajuseslo.
Voilà pourquoi j'oserais répéter ce qui a été dit plus haut, qu'une langue, à son origine, est douée d'une sorte de prescience.
Ainsi donc encore, une langue, à son origine, représente l'enveloppement de l'Orient, comme, dans la succession des destinées du peuple qui la parle, elle contient le développement graduel de l'Occident.
C'est là ce que Platon entrevoyait sans qu il pût