LE FORMICA-LEO
1 oî qui portes ton œuvre avec peine amassée, Auteur laborieux, diligente fourmi, Tremble que sous tes pas le sol mal affermi N'ouvre la fosse où vit la Critique glacée.
En vain tu te débats sous sa boue entassée :
Un monstre au ventre plat qui paraît endormi , Le Formica-Ieo, ton féroce ennemi, Te happe , et dans ses crocs étrangle ta pensée.
Puis son scalpel s'attaque aux côtés les plus chers, Plonge sous chaque fibre , et , retournant tes chairs. Multiplie à plaisir l'assassinat qui navre.
Puis, quand il a sucé ton âme avec grand soin. Il quitte à reculons son antre, et jette au loin Ton œuvre disséquée, informe et froid cadavre.