NESSUS
(Ju'une caresse encore attise une caressé !
Que le baiser succède aux baisers plus pressés; Je meurs de volupté! mais ce n'est point assez ^ L'ivresse insatiable appelle une autre ivresse.
O soif inextinguible ! ô coupe enchanteresse ! Ma lèvre en vain retient tes doux bords embrassés ; Ma jouissance expire en désirs insensés, Et plus je te possède , et plus la soif me presse.
Qu'est-ce donc? L'inconnu m'attire plus avant !
Je voudrais , au bûcher, me consumer vivant,
Pour surprendre, en son dard, le secret de la flamme!
Je voudrais épuiser je ne sais quoi resté
Dans ce vase où je bois jusqu'à satiété!
Je voudrais , ô Beauté ! m'assouvir dans ton âme !
RIMEMBRANZA
JL/is-moi tes premiers jours et leurs fraîches pensées^ Les beaux anges ailés qui planaient sur tes nuits , Tes grands bonheurs d'enfant, tes grands petits ennuis. Et tes illusions, fleurs au berceau laissées ,
Et ces luttes du cœur, timides odyssées Dont Clorinde plus mûre a souvent ri depuis, Et ces amours craintifs à regret éconduits , Folles ombres du Dieu par le Dieu remplacées.
Des choses d'autrefois ne me dérobe rien ;
J'aime à recomposer fît à fil ce lien
Qui jusqu'à l'infini me fait suivre ton âme.
Je suis comme l'avare au désir frémissant, Qui, la main sur son or, étreint l'argent absent; Moi , j'ai soif de l'enfant en possédant fa femme.