‹ Œuvres poétiques.Chapitre 15 sur 235 · NESSUS · texte numérisé non relu

NESSUS

(Ju'une caresse encore attise une caressé !

Que le baiser succède aux baisers plus pressés; Je meurs de volupté! mais ce n'est point assez ^ L'ivresse insatiable appelle une autre ivresse.

O soif inextinguible ! ô coupe enchanteresse ! Ma lèvre en vain retient tes doux bords embrassés ; Ma jouissance expire en désirs insensés, Et plus je te possède , et plus la soif me presse.

Qu'est-ce donc? L'inconnu m'attire plus avant !

Je voudrais , au bûcher, me consumer vivant,

Pour surprendre, en son dard, le secret de la flamme!

Je voudrais épuiser je ne sais quoi resté

Dans ce vase où je bois jusqu'à satiété!

Je voudrais , ô Beauté ! m'assouvir dans ton âme !

RIMEMBRANZA

JL/is-moi tes premiers jours et leurs fraîches pensées^ Les beaux anges ailés qui planaient sur tes nuits , Tes grands bonheurs d'enfant, tes grands petits ennuis. Et tes illusions, fleurs au berceau laissées ,

Et ces luttes du cœur, timides odyssées Dont Clorinde plus mûre a souvent ri depuis, Et ces amours craintifs à regret éconduits , Folles ombres du Dieu par le Dieu remplacées.

Des choses d'autrefois ne me dérobe rien ;

J'aime à recomposer fît à fil ce lien

Qui jusqu'à l'infini me fait suivre ton âme.

Je suis comme l'avare au désir frémissant, Qui, la main sur son or, étreint l'argent absent; Moi , j'ai soif de l'enfant en possédant fa femme.

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