FACILIS
Kje n'estplus toi ! c'est toi pourtant. Quand jet'aîmai^ Tu portais fièrement ta primeur rose et tendre. Un autre a pris ce fruit impatient d'attendre : Mon cœi^ dans son regret s'est lui-même embaumé.
Du ciel immaculé qu'on souffre à redescendre ! Mais tu n'es plus là-haut. Le vampire affamé Â bu ton sang vermeil, et le vice a fermé Son plomb sur ton passé, ma douloureuse cendre.
Tu veux la réveiller ? — ton souflHe libertin Ranimerait peut-être un tison mal éteint Dans ce foyer glacé de ma vie engourdie.
Et, flous ressouvenant jusqu'à satiété, Nous aurions, à défaut d'amour, la volupté.
Non \^—)Q te veux soleil, et tu n'es qu'incendie !
FIGULINE3. 221
BLANDA
JVLoÎDS de fiel qu'un agneau, caressante pour tous, L'œil placide, le front riant, et Tâme en fête, Te voilà, chaste enfant, telle que Dieu t'a faite Un beau jour où le Ciel était clément pour nous.
Par toi l'amour s'épure, et c'est un feu sr doux. Qu'il réjouit le cœur sans monter à la tête.
Comme on fait œuvre pie, il fera ta conquête ; Comme on prend un ami, tu prendras un époux.
Ménagère à la joie, à la peine obstinée.
Sans plainte et sans remords tu feras ta journée.
Tant qu'au fardeau du soir fléchissent tes genoux ;
Et tu t'endormiras, telle que Dieu t'a faite, L'œil placide, le front riant, et l'âme en fête. Quelque jour où le Ciel sera mauvais pour nous.