‹ Œuvres poétiques.Chapitre 206 sur 235 · DU GIRON MATERNEL · texte numérisé non relu

DU GIRON MATERNEL

L/u giron maternel, en mon neuvième mois^ J^entendis la fanfare et les cris faméliques De l'ennemi campé sur nos places publiques, Et je grandis ayant l'horreur des rudes voix.

Il me faut Pentretien discret au fond des bois, Le murmure voilé des ruisseaux éoliques, Le furtif coin du feu, quand la bûche des Rois Se consume en filant des sons mélancoliques.

Du gosier part la corde où se prennent mes sens. Tout organe plaît-il ? Il en est d'agaçants Par qui le babil même a Pair d'une dispute.

Rappelle-toi, mon cœur, ce beau soir des amours Où sa voix gazouillait, douce comme une flûte Dont les notes mourraient sous des flots de velours.

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