LA GRACE M'A TOUCHE
La grâce m'a touché ; je veux quitter le monde Et fsUre mon salut d'un cœur, simple et pieux. Pour an damaé de moins pensez si l'enfer gronde ! Le Malin me tient donc cent propos captieux :
— Si tu savais, mon cher, comme on s'ennuie aux cieux !
— Bon! je te vois venir, dis-je à l'esprit im monda.
— Là« fiéau du regard, la vieille femme abonde. -* Jeune, je l'aimai trop; soyez punis, mes yeux !
— Et quels saints ! Le gueux Labre= . .
— Ho ! moi je sui$ bonhomme!
— Cflcufin.. •
— Dégoûté ! le pur parfum dô Rome !
— LecliauflTeur Dominique...
— Hé ! ton rival, Satan !
DEKT41ERS SONNETS. idj
Loyola...
— Dans son genre un Cénr, mmiis le glaive.
Va donc au piel !
— J'y vais.
— Un mot encore.
— Achève.
Louis Veuillot s'y trouve !
— Ah ! tu m'en diras tam !
268 DERNIERS SONKETS.
RERUM SAPIENTJIA
Ami,
bien que l'hiver ait neigé sur nos têtes, N'accusons pas le sort d'être cruel pour nous: De nos cerreaux, où Page apaise les tempêtes. Le sang revient au cœur en mouvements plus doux;
Le plaisir sans remords nous convie à ses fêtes. Et la sainte amitié, pure d'excès jaloux, Réserve à nos transports ses pudeurs pour conquêtes. Mais, sages d'aujourd'hui, soyons cléments aux foas :
Gardons-nous d'imiter ces repentis moroses Dont le regard gourmande et dont la voix défend. Papillons énervés qui s'en prennent aux roses;
N'effrayons pas l'Amour; et que le tendre enfant. Par Glycère éconduit, nous recherche en ses peines. Comme on cherche en été la fraîcheur des vieux chênes.
DERNIERS SONNETS. UÔÇ