UNE GRANDE DOULEUR
V^omme il vient de porter sa pauvre femme en terre^ Et qu'on est d'humeur noire un jour d'enterrement. Il entre au cabaret ; cai: la tristesse altère, Et les morts sont bien morts! — c'^st là son sentiment.
Il se prouve en buvant que la vie est sévère ; Et, vu que tout bonheur ne dure qu'un moment, Il regarde finir mélancoliquement Le tabac dans sa pipe et le vin dans son verre.
Deux voisins ses amis sont là-bas chuchotant Qu'il ne survivra pas à la défunte, en tant Qu'elle était au travail aussi brave que quatre.
Et lui songe, les yeux d'une larme rougis, Qu'il va rentrer ce soir, ivre-mort^ au logis. Bien chagrin ~ de n'y plus trouver personneà battre.