‹ Œuvres poétiques.Chapitre 217 sur 235 · UNE GRANDE DOULEUR · texte numérisé non relu

UNE GRANDE DOULEUR

V^omme il vient de porter sa pauvre femme en terre^ Et qu'on est d'humeur noire un jour d'enterrement. Il entre au cabaret ; cai: la tristesse altère, Et les morts sont bien morts! — c'^st là son sentiment.

Il se prouve en buvant que la vie est sévère ; Et, vu que tout bonheur ne dure qu'un moment, Il regarde finir mélancoliquement Le tabac dans sa pipe et le vin dans son verre.

Deux voisins ses amis sont là-bas chuchotant Qu'il ne survivra pas à la défunte, en tant Qu'elle était au travail aussi brave que quatre.

Et lui songe, les yeux d'une larme rougis, Qu'il va rentrer ce soir, ivre-mort^ au logis. Bien chagrin ~ de n'y plus trouver personneà battre.

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