‹ Œuvres poétiques.Chapitre 219 sur 235 · IMPAVIDUM FERIENT · texte numérisé non relu

IMPAVIDUM FERIENT

Arme-tôi pour franchir le monde î — c'est un bois Où les renards^ les loups et les aspics font souche; Sans qu'un bruit, uii appel, une larme te touche, -Passe entre les pitiés, traverse les effrois;

Des flèches d& l'Âraour défends ton cœur farouche, Écarte l'Amitié qui veut porter ta croix :

Car FÂmiiîé trahit d'un serment dans la voix, Et TAmour fait mourir d'un baiser sur la boucher

Vis sans illusions, jouis sans volupté,

Souff^re sans doléance, et meur$ sans lâcheté ;

Ne croisrien, n'aime rien, n'exècre rîen; — méprise!

Et , comme à ton cousin l'orgueilleux Lucifer, Dieu pourra quelque jour te garder la surprise D'une planète au cîel — ou d'un sceptre en enfer.

VILLANELLE REALISTE

w'est bien fait du repos d'un gars qui s'amourache ! La chose, un soir, me vint pour la première fois, Au coup de r Angélus, quand le soleil se cache. Dans la saison plaisante où fleurissent les pois.

Tu revenais de l'herbe et ramenais ta vache.

Nous cheminions ensemble au bord du petit bois , La rainette gloussait dans les joncs de ia flache, Et la peur d'être deux embarrassait ta voix.

Ta bête eut un caprice et rompit son attache ; Comme en la rajustant j'eflQeurais ton minois, Je te pris un baiser; chut! que nul ne le sache!

Tu m'allongeas un coup de gaule sur les doigts : J'en eus le bras cassé, mais l'honneur fut sans tache ! Depuis, le cœur me bat sitôt que je te vois.

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