‹ Œuvres poétiques.Chapitre 224 sur 235 · FERME PROPOS · texte numérisé non relu

FERME PROPOS

CJ oœur toujours fécond en sages départies.

Qui fais cent fois par four vœu de renoncement, Et qui, l'instant d'après, jettes là ton serment , Comme un moine son froc incommode aux orties !

Tout ainsi qu'un malade à lui-même se ment Et ravive soudain ses douleurs amorties, Tu l'as voulu ! subis ce nouveau châtiment D'éprouver des ardeurs déjà trop ressenties.

Sur le mal oublié le désir survécu

L'emporte ; on se défend pour être mieux vaincu.

Et tout effort ne fait que resserrer la chaîne.

Va donc ! Cîrcé le veut : retourne au cher poison !

Tu n'y perdras jamais qu'un reste de raison,

Si peu. qu'en rien garder n*est vraiment pas" la peine.

DERNICRS SONNETS. ;i8l

ODI PRQFANUM VULGUS

Uites-moi, je vous prie, où se porte la foule. Le bazar où se voit la grande nouveauté, Le théâtre où le drame en faveur se déroule ; Vous y courez? merci! je vais d'autre côté.

Dans le total humain réfractaire unité^ Je cède en protestant au nombre qui me foule ; Sous l'ardente coulée, impatient du moule, Ainsi gronde au creuset un métal révolté.

Dites-moi, je vous prie, où nul être ne passe. Où tout manque, et le jour, et le bruit, et Pespace. Vous l'ignorez ? c'est bien ! j'irai donc en ce lieu.

Qu'il soit morne désert, chaos nu, nuit profonde. J'y mettrai du soleil, des voix et tout un monde ; Car je sais la magie, et ipon maître fut Pieu.

2b2 DERNIERS SONNETS.

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