‹ Œuvres poétiques.Chapitre 28 sur 235 · LA MÉRIDIENNE · texte numérisé non relu

LA MÉRIDIENNE

A cette heure où le ciel allume sa fournaise , Où le moissonneur las, sur les gerbes d'épis Laisse aller au sommeil ses membres assoupis, Je m'étais étendu , bâillant , sous un mélèze.

Or les grillons causeurs , devant leur trou tapis^ Jasaient de moi : « Ce fat en prend bien à son aise ; Quel travail a-t-il fait, pour que le jour lui pèse? L'ennui n'est pas fatigue, ii est dégoût ; c'est pis. »

J'écoutais leurs discours , lorsqu'une pâquerette , Dont mes doigts nonchalants fripaient la collerette, Me dit, se rajustant toute pâle d'émoi:

« Qu'où soit semeur de grain ou faucheur de javelle. Mon lit garde une place à qui le renouvelle ; Mais toi, qui t'a permis de dormir près de moi? »

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