‹ Œuvres poétiques.Chapitre 31 sur 235 · A ÉVA · texte numérisé non relu

A ÉVA

Je t'ai connue^ Éva, pas plus haute que rien, T'ébattant au soleil comme une perdrix grasse, Et dans ta nudité toute pleine de grâce, Livrant aux yeux du jour ce qu'on cache si bien.

Te voilà grande et belle ; en ton noble maintien, Tu marches devant moi comme une reine passe, Imposant aux désirs égarés dans l'espace Qui sépare à jamais mon souvenir du tien.

Va! porte à ton époux ta saison blonde et rose; Mais ton passé mignard est pour lui lettre close. Quel charme il concevrait à te voir, comme moi.

Femme, enfant, tout ensemble, adorable mélange ! Femme, pour le bonheur de pécher avec toi, Enfant, pour le plaisir de voir pécher un ange.

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