LE CENTAURE
Lui, méchant? Non ! c'est faux ! Sous le mors qui le gêne,
S'il blesse , en se cabrant , les oisifs d'icî-bas ,
S'il écrase du pied , dans ses rudes ébats ,
Les pédants, les faquins, les badauds, c'est sans haine !
II est des horizons qui ne conviennent pas A qui sent dans ses nerfs I^ fougue souveraine : C'est que vers l'Infini l'instinct porte ses pas. Au coureur indocile, enfants, livrez la rêne!
Bien ! L'espace et le ciel lui sont abandonnés ; Sans plus craindre à présent ses bonds désordonnés , Essayez son dos souple et son galop sonore ;
Et bientôt je vous vois, ivres du vent de feu Qui vous chasse de terre et vous pousse vers Dieu , Étreindre avec amour la croupe du Centaure !
ÉPHÉMÈRES. ÇÇ