ABIME POUR ABIME
V^amoëns naufragé , son livre entre les dents, Péniblement luttait sur ces gouffres stridents Où chaque lame enfante une lame plus haute
Un alcyon , rasant tout près de lui la mer ,
De temps en temps frôlait son front comme un éclair,
Et lui criait : « Courage , enfant ! voici la côte !
Souvent j'ai vu Léandre épuiser son e£fort Dans ces flots où d'Héro se lamente encor Pombre; Mais l'Amour est vaincu ! le Génie est plus fort ; Sa foi creuse en sillons de feu la vague sombre !
Va ! nageur tout-puissant ! la gloire est sur le bord ! Plonge en cette autre mer aux orages sans nombre ; Mais tu regretteras un jour celle où l'on sombre Tout entier dans l'oubli, tout entier dans la mort ! »