‹ Œuvres poétiques.Chapitre 93 sur 235 · LA CANNE DU VIEUX · texte numérisé non relu

LA CANNE DU VIEUX

\J comme elle était faite à son pas , à sa main ! Son ivoire luit jaune , au bout elle est usée. Ont-ils, l'un menant l'autre, arpenté de chemin! Lui mort, comme une veuve elle s'est reposée.

Parfois , la regardant , ma vue est abusée :

Elle grimace au vrai je ne sais quoi d'humain , Joue hâve , échine maigre et peau de parchemin , Son bois rend le bruit sec d'une toux épuisée.

Je pourrais la distraire , elle n'y consent pas. D'aventure, une fois, je la pris sous mon bras; Mais , soit malice noire ou force d'habitude ,

Quand sur le vieux bambou je voulus m'appuyer, Je sentis mes genoux fléchir, mon dos ployer. Et j'allai flageolant comme en décrépitude.

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