CÉCILE, SALOMÉ, SATURNIN CÉCILE
L'heure sainte a sonné, suis-moi, sortons, nourrice ; Viens m aider aux apprêts de l'heureux sacrifice. C'est le jour du Seigneur : pour marcher à l'autel Où m'attend .Jésus-Christ, mon époux immortel. Je veux me revêtir de mes habits de fête. Viens !
SALOMÉ
Grand Dieu ! de mes mains faut-il que je l'apprête Pour aller à la mort !
\)\ (El VUES POETIQUES
Sois rattaclio et le nœud de la chaîne bénie (^ui me tire du monde ù l'éternelle A'ie !
Hélas ! qui Taurait cru que ce brillant hymen Devait être suivi d'un i)areil lendemain !
SATURNIN
Mon douloureux devoir est accompli, madame Je vous laisse à vos pleurs.
Que Dieu garde ton àme Et ({u'il te récompense ! En eiïet, j'ai besoin D'être seule un moment avec Dieu sans témoin. Le péril est pressant et la lutte prochaine : Pour le dernier combat je dois reprendre haleine. Au revoir dans le ciel !
SALOMÉ
Qui porte ici ses pas ?
SATURNIN, à Salomé.
C'est l'officier Marcus, c'est le chef des soldats Qui gardent en ces lieux Cécile prisonnière.
SALOMÉ
Est-ce l'annonce, o ciel, de son heure dernière?