UNE VEUVE
Dieu nous reste, il est vrai, mais vous partez, Cécile, Vous, son ange visible et notre aimable asile. A l'esclave chassé par un maître inhumain, A la veuve, au vieillard qui donnera du pain?
( kiittez ces vains soucis. En partant de la terre. Je ne vous laisse point sans asile et sans père. Par un acte suprême, au pasteur des chrétiens, A notre père à tous j'ai légué tous mes biens. Vous en faites partie, humbles pauvres que j'aii Mon plus riche trésor, mon plus beau diadème.
112 ŒUV1U:S POKTFQUES
("/est vous, et si je monte eu paix vers le Seigneur,
De ce départ heureux je vous dois la douceur.
O mendiants du Christ ! premiers nés de l'Eglise,
Aveuglé par Satan le monde vous méprise ;
(jardez pourtant l'amour de votre pauvreté :
l-^lle vous fera rois dans la sainte cité.
En priant chaque jour le maiire de la vie,
Frères, n'oubliez point Cécile votre amie.
Mais ce n'est pas assez. Dans la joie et les pleurs,
Il l'aut invoquer Dieu pour nos persécuteurs.
Priez, priez pour eux comme le divin Maître.
Ilélas ! ils l'aimeraient s'ils le voulaient connaître.
Puissent leurs yeux s'ouvrir, et, vaincus par l'amour,
Dans le Christ avec nous qu'ils reposent un jour !