‹ Œuvres poétiquesChapitre 60 sur 140 · MINUIT · texte numérisé non relu

MINUIT

L'immensité se tait : tout s'emplit de mystère. Du haut du firmament, qu'elle éclaire à demi, La lune jette seule un regard à la terre, Et veille, astre muet, sur le monde endormi.

De la nuit mille feux ornent le front austère ; D'aucune obscurité leur éclat n'est terni. L'âme, vers les hauteurs, s'élève solitaire. Et la sérénité descend de l'infini.

On dirait, tant la paix et la nuit sont profondes, Qu'on entend dans les cieux le mouvement des mondes Poursuivant leur chemin dans un ordre éternel.

Cependant que, penché sur l'humaine nature,

Dieu berce l'univers d'un amour paternel,

Et dans ses bras cléments endort sa créature.

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