‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 18 sur 69 · ARCAS · texte numérisé non relu

ARCAS

Qui le laisse échapper ne peut le retrouver.

Les fleurs ne sont pas tout! le verger vient d'éclore,

Et l'automne a tenu les promesses de Flore.

Le fruit est mûr, et-garde en sa douce àpreté

D'un fruit à peine mûr l'aimable crudité.

L'oiseau d'un doux plumage enveloppe son aile.

Du milieu des bourgeons le feuillage étincelle.

La rose et Damalis de leur jeune prison

Ont ensemble percé la jalouse cloison.

Effrayée et confuse, et versant quelques larmes,

Sa mère en souriant a calmé ses alarmes.

L'hyménée a souri quand il a vu son sein

Pouvoir bientôt remplir une amoureuse main.

Sur le coing parfumé le doux printemps colore

Une molle toison intacte et vierge encore.

La grenade entr'ouverte au fond de ses réseaux

Nous laisse voir l'éclat de ses rubis nouveaux.

BUCOLIQUES ET EGLOGUES 63

BACGHUS

IMITÉ d' OVIDE {Métamorphoses).

Viens, ô divin Bacchus, ô jeune Thyonée, 0 Dyonise, Evan, lacchus et Lénée; Viens, tel que tu parus aux déserts de Naxos, Quand tu vins rassurer la fille de Minos. Le superbe éléphant, en proie à ta victoire. Avait de ses débris formé ton char d'ivoire. De pampres, de raisins mollement enchaîné. Le tigre aux larges flancs de taches sillonné, Et le lynx étoile, la panthère sauvage, r'romenaient avec toi ta cour sur ce rivage. JoY reluisait partout aux axes de tes chars, .es Ménades couraient en longs cheveux épars li chantaient Evoë, Bacchus et Thyonée, ^t Dyonise, Evan, lacchus et Lénée, et tout ce que pour toi la Grèce eut de beaux noms. *ùt la voix des rochers répétait leurs chansons. ît le rauque tambour, les sonores cymbales, Nés hautbois tortueux, et les doubles crotales ')u'agitaient en dansant sur ton bruyant chemin ,e faune, le satyre et le jeune Sylvain, .u hasard attroupés autour du vieux Silène, lui, sa coupe à la main, de la rive indienne.

Toujours ivre, toujours débile, chancelant, Pas à pas cheminait sur son âne indolent.

C'est le dieu de Niza, c'est le vainqueur de Gange, Au visage de vierge, au front ceint de vendange. Qui dompte et fait courber sous son char gémissant Du lynx aux cent couleurs le front obéissant.

Apollon et Bacchus, un crin noir et sauvage N'a hérissé jamais votre jeune visage.

Apollon et Bacchus, vous seuls entre les dieux, D'un éternel printemps vous êtes radieux. Sous le tranchant du fer vos chevelures blondes N'ont jamais vu tomber leurs tresses vagabondes.

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