‹ Œuvres poétiquesChapitre 96 sur 121 · LIVRE III — FANNY · texte numérisé non relu

LIVRE III — FANNY

Mais du cœur maternel la tendre défiance ;i N'attend pas le danger qu'elle sait trop prévoir; ïj Et Fanny, qu'une fois les destins ont frappée, ^ Soupçonneuse et longtemps de sa perte occupée, Redoute de loin leur pouvoir.

L'été va dissiper de si promptes alarmes. Nous devons en naissant tous un tribut de larmes. Les siennes ont déjà trop satisfait aux dieux. Sa beauté, ses vertus, ses grâces naturelles, N'ontpointdesdieuxsansdoute, ainsi quedes mortelles, Armé le courroux envieux.

Belle bientôt comme elle, au retour d'Erigone I L'enfant va ranimer, nourrisson de Pomone,

Ce front que de Borée un souffle avait terni.

Oh! de la conserver, cieux, faites votre étude; •j Que jamais la douleur, même l'inquiétude, N'approchent du sein de Fanny.

Que n'est-ce encor ce temps et d'amour et de gloire Qui de Pollux, d'Alceste, a gardé la mémoire. Quand un pieux échange apaisait les enfers. Quand les troissœurs pouvaient n'être point inflexibles, Et qu'au prix de ses jours de leurs ciseaux terribles On rachetait des jours plus chers [

Oui, je voudrais alors qu'en effet toute prête, La Parque, aimable enfant, vînt menacer ta tête. Pour me mettre en ta place et te sauver le jour; Voir ma trame rompue à la tienne enchaînée, Et Fanny s'avouer par moi seul fortunée, Et s'applaudir de mon amour.

\-jS ELEGIES

Ma tombe quelque jour troublerait sa pensée. Que\que jour, à sa fille entre ses bras pressée, L'œil humide peut-être, en passant près de moi i « Celui-ci, dirait-elle, à qui je fus bien chère. Fut content de mourir, en songeant que ta mère N'aurait point à pleurer sur toi. »

Page 1