I. Voir la note du v
De la beaulté que tant a désiré.
Ainsi je fais de mon terrestre Dieu.
Le plus souvent je me rencontre en lieu 185 Ou aultre femme, et plus belle, l'adore '. l
Qui me croyra, si je dys que je honnore Telle personne, et l'audace, et la faulte Qu'elle commect d'entreprinse si haulte?
Qui me voirroit sa voulunté priser 190 Et les faveurs d'elle favoriser, Penseroit il qu'en mon affection Il n'y eust rien de double fiction ?
Ha, certes j'ayme, et qui faict comme moy, N'entre jamais en soupsonneux esmoy. [12]
195 Touts les plaisirs de mon amy je tiens
Non aultrement, que si les sentois miens *.
Si c'est d'aymer que ses passetemps viennent,
183. faiz h — 186. La. Qui me M i-M4 M 8, Las, qui (me otnis) M 5- M7; ditz b; honore TBM^-Mvè — 189. voyrroit D* a, veoiroit P, croiroit a, verroit b; volunte TB b — 193. fait b — 194. souspeconneux M s M^ — 195. Tous TB b — 196. autrement b; sentoys D*.
1. La Parfaicte Amye laisse à son ami toute liberté; mais c'est pour elle-même que l'Amie de Court réclame le droit de se faire courtiser et d'agir à sa guise (v. 437, p. 20) :
Et maintz marys sachantz qu'ilz ne méritent Jouyr de l'heur que leurs femmes héritent, Bien congnoissants leurs imperfections, Craindront si fort que les affections Des serviteurs aymables et honnestes Facent sur eulx et sur elles conquestes, Que cela veult, non poinct aultre raison. Plusieurs vouloir leur femme en leur maison. Cf. la note du v. 229.
2. Au contraire, VAinie de Court veut que son mari fasse tous ses désirs (v. 12, p. 33) :
Or en m'aymant si bien imprimera En son esprit de rien ne me desdire.
Qu'il est aysé de le pouvoir induire Facilement et faire condescendre A touts partis que je vouldray prétendre.
Bien que ceulx là proprement m'appartiennent, S'aultre y a part, sa fortune je loue,
200 Et de semblant et de faict je l'advoue ; Car en voulant me nuyre, se decoit, Veu que les biens que mon amy reçoit, S'ilz vont au cueur, ce cueur là, c'est le mien. Que luy donnay en eschange du sien.
205 Si c'est plaisir qui touche sa personne Tant seulement, helas, je luy pardonne Une fureur qui bien tost passera.
Quelcque jalouse icy replicquera, Que mon amy par mes dicts je provocque
210 A me donner liberté reciprocque ',
Et qu'en preschant patience, dont j'use, Je me prépare une subtile excuse, S'il advenoit que je fusse trouvée D'aultre amytié coulpable et reprouvée.
215 II est bien vray que si en ma prison
Amour pouvoit endurer trahison.
Et si m'estois tant et tant oubliée Que m'estre ailleurs d'un seul semblant liée, Qui me vouldroit ma faulte reprocher,
198. m'apartiennent b — 199. Se aultre P; ses fortunes a b — 201. voullanta; decoyt D* — 202. reçoyt D * — 203. il D ', ilz D* ; myen D* — 204. mien M S- M 7 — 205. Se M»-M4M^ — 206. seullement b — 208. Quelque jalouze b — 209. ditz b — 211. passience b; j'euse D»TBM', je use b — 212. subtille b — 213. je omis B » ; feusse b — 214. D'autre M S 6 — 217. estoys D*; oublyée D*, obliée P — 218. aillieurs P; d'ung TE; lyée D»,
I. Dans une comédie de Marguerite de Navarre (Marguerites, t. IV, p. 125), « la vieille » répond à une femme délaissée de son mari :
Faites comme luy...
Quand il n'aymera rien que vous, N aymez aussi que vostre époux :
Car il vous doit servir d'exemple.
l6 LA PARFAICTE AMYE
Je trouverois de quoy me revencher
Si non en luy, au dict et renommée
De sa personne en divers lieux aymée.
Mais j'ayme tant, que je n'ay le pouvoir [13"
Ny voulunté d'autre amy recepvoir, 225 Et trouve tant en une femme estrange,
Que par changer, qui ayme, bien se venge.
Que seulement souffrir d'estre servie,
Veue souvent, et d'aultre poursuyvie.
Me semble crime à nulle pardonnable i.
230 Si en a il, qui trouvent excusable
Des importuns l'ennuyeuse poursuyte,
Pourveu que soit la faveur interdicte 2,
220. Rien je n'auroys D * ; revancher h — 221. dit h — 223. t'ayme MS-M 7 — 224. volunté PTB M5 h\ d'aultre TB ; ami D^— 225. treuve ah — 226. Que pour M 5 — 227. seullement h ; servye h — 228. d'autre poursuivye b — 229. cryme h — 230. treuvent h — 231. enuyeuse M 5 ; poursuicte h.