se mérite/ — 7. Confesserons que h
III. — Texte : Oraison funèbre de l'incomparable Marguerite... plus Epitaphes de ladide Dame par aulcuns Poètes François... Paris, Chaudière, 1550 (y oir Notice bibliographique, p. lxiv).
I. Charles de Sainte-Marthe, l'ancien maître des requêtes de la reine Marguerite, avait publié en 1550 les éloges funèbres que trois sœurs, Anne, Marguerite et Jeanne Seymour, avaient composés sur les vertus de la reine défunte {Annae, Margari- \ tae, lanae soro- | rtmi virginum
heroi- \ dum Anglarum Parisiis, ex officina Reginaldi Calderii et Claudii
ejus filii I anno salutis \ i^SO- \ Cuin privilegio — Bibl. Nat. Rés. pY°. 1237). ^^ "-^^ opuscule renferme (f, 19 r°) une curieuse épître de Sainte- Marthe « ad Gallos », où il s'indigne en vers latins qu'aucun poète français n'ait pleuré la mort de la reine ni chanté ses vertus, comme l'ont fait trois jeunes étrangères :
Macrinus
Atque Borbonius, duo célèbres
Nostrœ lumina Gallias Poetae,
Dormiunt silentque : nec minus sunt
Sangelasius, Heroetiusque,
Et Salassius ipse, Bugiusque...
Omnes muti hodie : recensque scriptor
Ronsardus célébrât suos amores...
Sensibles à ces reproches, quelques poètes voulurent s'acquitter aussitôt envers leur bienfaitrice, et la même année (1550), Ch. de Sainte-
D'Esprit, laissant corporelle aliance,
Entre la mort et vie différence
De Marguerite aulcune ne peut estre,
Sinon que, morte, ha parfaicte science
De ce que, vive, eust bien voulu congnoistre. .
Œil, non pas œil, mais ung soleil doré ; Œil après Dieu de mes yeulx honnoré ; Œil qui feroit de son assiete et taille
IV. — Texte : Hecatomphile, P. Sergent, 1539 (H). — Variantes Blasons anatomiqites, Ch. rÂngelier, 1550 (B). I, un B — 2. comme Dieu B.
Marthe publia VOraison funèbre de l'incomparable Marguerite, Royne de Navarre, Duchesse d'Aleiiçon, composée en latin par Charles de Saincte Marthe, et à la suite les épitaphes composées en français par « M. Du Val, evesque de Saix, — M. Heroet, — M. J. Frotté, secrétaire du roy et jadis des finances de la dicte royne, — Loys de Saincte Marthe, procureur du roy au pais de Lodunois, — J. M[orel, Embrunois], — A. D. [Antoinette Deloynes, femme de Morell, damoyselle Parisienne, — Pierre des Mireurs. »
I. Cl. Marot, épître xli A ceulx qui après l'epigramme du beau tetin en feirent d'autres (édit. Jannet, I, 210), semble faire allusion à cette pièce d'Héroet :
En me suyvant vous avez blasonné,
L'un . . .
L'autre un bel œil deschiffré doctement.
Le mot « doctement « s'applique à Héroet ; Mellin de Saint-Gelais a composé aussi un Blason de l'œil (édit. 1719, p. 127; cf. édit. Blanchemain, I, 194), mais ce blason ne se rencontre point dans les deux recueils ue j'ai consultés ; en effet Cl. Marot, dans l'épitre xlt, se plaignait que aint-Gelais se fût abstenu de rivaliser avec les autres poètes.
Durer dix ans entour une bataille ; > Œil me privant du regard qu'il me doit
Me voyant mieulx que s'il me regardoit ;
Œil sans lequel mon corps est inutile;
Œil par lequel mon âme se distille ;
Œil, ô mon œil, disant je te veulx bien, lo Puis que de luy vient mon mal et mon bien ;
Œil bel et nect comme ciel azuré ;
Œil reposé, constant et asseuré ;
Œil qui ryroit en me faisant mourir,
Qui pleureroit ne me osant secourir ; 15 Œil de son faict luy mesmes esblouy;
Œil qui diroit si sagement ouy ;
Mais à qui, œil ? A celluy que scavez ;
Qui vous aura? Vous, celle qui m'avez.
Œil, qui pour rendre ung cueur de marbre uny 20 Ne daigneroit se monstrer qu'à demy ;
Œil s'accordant au ris de la fossette,
Qui faict amour en joue vermeillette ;
Œil, où mon cueur s'estoit devant rendu
Que luy eussiez le logis deffendu ; 25 Œil, si se veult tenir pensif et coy,
Qui faict sortir de soy je ne scay quoy.
Que l'on veoit bien toutesfoys commander
Aux demandeurs de riens ne demander ;
Œil qui me donne, en y pensant, tant d'ayse ; îo Œil, ô doulx œil que si souvent je baise,
Voire mais, œil, j'entends que c'est en songe ;
Œil qui ne peut souffrir une mensonge ;
Œil qui veoit bien que à luy me suys voué ;
4. encor une B — 5. doibt B — 9. vueil B — 10. de toy B — it. net B — 13. en me voyant B — 14. ploureroit ne m' B — 19. un B — 21. fosette H, fossete B — 22. joye H, joue B; vermeillete B — 25. quoy B — 26. fait B — 28. rien B — 29. d'aise B — 31. j'entendz B — 33. qu'à B.
Œil qui ne fut jamais assez loué, 5 5 Mais toutesfoys pour éviter envie ;
Œil doulx et beau, le propre de m'amye.
Œil, je suis vostre, et de ce vous asseure.
Escoutez moy, mon œil, je vous conjure
Par Cupido que vous avez tout nud, 40 Et par son arc que en vous ay recongneu,
Par le plaisir que l'ung des miens auroit.
Si d'advanture à vous se mesuroit.
Par tout mon bien, par l'ouverte fenestre
Que vous voyez en mon costé senestre, 4') Par la beaulté de celle que scavez.
Par le venin que vous me reservez,
Œil, dictes moy ce que vous respondistes,
Descouvrez moy le signe que me feistes,
Quant on disoit que mal seroit assis )0 Le beau maintien de vostre esprit rassis
Hors de la court, s'il estoit entendu
En autre sens que ne l'avez rendu ;
Declairez moy, s'il vous plaist, ce langage
Et n'en parlez rien que à mon advantage.
59. nu B — 40. qu'en B — 42. d'adventure B — 45. à l'ouverte B — 44. à mon B — 47. respondictes H, respondistes B — 49. diroit H, disoit B — 50. esperit H, esprit B — 53. langaige B — 54. qu'a vostre avantaige B.
L'AMOVR DE CVPIDO ET PSYCHÉ
Ces X premiers sont de M^ Claude Chappuys. [194 v^]
Icy recite Apulée une fable, Bien inventée et trop myeulx poursuyvie, D'une espousée eleguante et amable, Par des brigans furtivement suyvie, Qui fut le jour de ses nopces ravye. Et lors la vieille ayant la garde d'elle, Pour divertir ung songe qui l'ennuyé, Luy vint compter de Psyché la nouvelle.
Ung roy et royne ont troys filles bien nées,
Et toutes troys d'exellante beaulté ;
Les deux en sont heureusement ornées, 12 Mais la plus jeune a le pris emporté ;
Car au visaige eut tant de deité
Que pour Venus mainct peuple l'adora.
Venus contre elle a amour irrité, 16 Et par amour d'elle se vengera.
V. — Texte : ms. Chantilly 523 {d). Variantes : mss. BN. 842 (f) et 2534 (c), Verrières du château de Chantilly (F) : voir Notice bibliographique, p, Lxi. — Parmi les variantes orthographiques de V, on n'a relevé que les plus intéressantes.
Titre : Trente huitains pour la tappisserye faicte de la fable de Cupido et Psyché d.
I. ungne V — 3. D'ugne F; élégante F; aymable ^ — 4. bringans V — 6. aymant [ayant] g — 10. d'excellente beauté V — 12. les pris F — 15. Amour ha irrité^.
Ses deux seurs sont pourvueues haultement, [195]
Et d'autant mieulx que moins ont eu de bruict. Psyché, de tous louée grandement,
20 Demoure seulle, et nul ne la poursuict.
Beaulté, qui deust plus ayder, plus luy nuyt, Et son grant heur la rend très malheureuse ; Sa fleur fletrist et desseiche sans fruict,
24 Par quoy vivoit à soy mesme odieuse.
Le roy son père estonné et marry Vient à l'oracle et sacriffie aux dieux En demandant pour sa fille ung mary.
28 On luy respond : Psyché doit pour le mieulx Avoir espoux qui soit venu des cieulx, Et sur ce mont, avec le mortuaire, La fault mener sans habit précieux
52 Au dieu qui voile et n'a bien qu'à mal faire.
Geste responce a l'ennuy redoublé, Et ses parens en ont mené tel dueil Que le palais royal est tout troublé ;
56 Le peuple crye et gecte larmes d'oeil. Voyant Psyché conduicte à tel accueil.
Qui neantmoins les assistans conforte.
Ses nopces sont obsèques ; le cercueil
40 Est de vivante et non de femme morte.
17. sœurs V; proveues V — 20. Demeure seule V — 23. flestrit V — 52. quy V — 33. l'enuy V — 34. deuil F — 35. est estonné e — 57. en tel escueil g — 39. Ses obsèques sont e ; et [le] T — 40. Encor vivant a nom de femme morte. V.
Le doulx zephire enfle son vestement [195 vo]
Et l'a soufflée ou fortune la maine ;
Apres avoir reposé doulcement, 44 Elle apperceut les boys et la fontaine
Près d'ung palais faict de main plus que humaine,
Où une voix sans rien veoir entendit :
Va t'en baigner, Psyché, et soys certaine 48 D'avoir icy tout povoir et crédit.
Elle obeyt à la voix incongneue.
Croyant que c'est des dieux la volunté, Et s'est au bain lavée toute nue,
52 N'y voyant rien de main d'homme appresté. Sans s'esbahir de telle nouveaulté, Sou chef aussi a voulu perfumer D'odeurs remplis de grand suavité,
56 Pendant qu'amour son cueur vint allumer.
Ung peu après, revestue et coeflfée.
Elle s'assiet et n'apperçoit personne ;
La table fut de tous mectz estoflFée, 60 Et ung accord de plusieurs voix resonne,
Qjai la recrée et grant plaisir luy donne ;
Mais poinct ne sçait s'il y a trahison, [196]
Ne si amour pour son bien l'envyronne, 64 Ne si c'est myel ou si c'est du poison.
44. aperceut le bois V — 45. qu'humaine V — 47. Va te F — 51. c'est au baing V — 55. D'odeur e; grande d, grand F — 56. vint son cœur allumer V — 57. couefFee e, coiffée V — 58. s'asiet V — 60. acord V — 62. saict V — 65 . cy F.
Quant il fut nuyt, et le lict bien paré, Psyclié se couche ; Amour la vient chercher, Et, laissant trousse et dart bien asseré,
68 Entre ses bras nud à nud va coucher.
Qui l'eust alhors gardé de luy toucher ? Il luy promet et jure grant serment D'estre à jamais le sien espoux très cher,
72 Dont prinse fut, mais voluntairement.
Puis de dormir, non d'aymer, assouvye.
Le jour venu, estant Amour en voye.
Elle est de gens invisibles servye, 76 Et tost s'accoustre, et, entre dueil et joye,
Compte à par soy les biens qu'Amour envoyé,
Et se mainctient sur toutes bien heurée,
Croyant qu'Amour jamais ne se desvoye 80 Et que la foy est ferme et asseurée.
Ces X suyvans sont de La Maison Neufve. [196 v»]
En ce palais les seurs plaines d'envye
Dessus les ventz descendent doulcement
Pour descouvrir la bien heureuse vye 84 Qu'Amour vouloit mener couvertement.
Psyché leur feit gracieux traictement ;
Mais par accueil et trésors présentez
Impossible est d'appaiser le tourment 88 Que faict envye en fainctes voluntéz.
66. charcher e, cercher g — 67. dard bien acéré V — 69. guardé V — 70. jure ung grant V — 73. non d'Amour g — 75. gens visibles e — 77. à part g V; lez V — 79. se for\'oye ^ — 80. sa foy g V — 81. ses sœurs V — 86. acceuil V — 87. Impocible V.
Qui recevez amoureuses doulceurs Et les loyers d'un labeur enduré, Ne vous fiez en frères ny en seurs,
92 Ny en conseil d'un amy perjuré.
Voyez les seurs, de visaige asseuré, Faindre qu'Amour est serpent deshonneste Psyché le creut, et de cueur conjuré
96 Délibéra de luy trancher la teste.
Le glaive prest, tenant la lampe ardente, [i97]
Psyché venoit pour tuer le serpent ;
Cogneut Amour ; le voyant, se repent, 100 Et curieuse ung peu plus que contente,
Picque son doit d'une flèche poignante ;
Puis à reveoir ce petit dieu revient,
Lequel, bruslé par huille estincellante, 104 S'esveille et part ; elle en vain le retient.
En terre cheutte à triste œil le conduict ; Puis se gectant dans l'eaue de haulte rive, Veult que une mort de tant de maulx la prive. 108 Sa volunté le doulx fleuve esconduict. Qui d'une part en l'autre la reduict,
90. lez V ; d'ung V — 91. ni en sceurs V — 92. Ni au f ; consceil V ; parjuré V — $$• ï^ fns. g s'arrête après ce vers — 95. crut V — 96. lui trencher V — 97. ardante V — 99. Congneut V — loi. doy e, doyt V ; poygnante V — 103. brûlé par huile V — 105. cheute V; Ijl d,\c e V — 106. gettant dans l'eau V — 107. q' une V — 109. la conduit V.
Ou Pan chantoit, lequel de bonne sorte A luy compter ses fortunes l'induict ; 112 Mais rien qu'amour d'Amour ne la conforte.
Elle, pensant qu'à chacun feust permis
Venger le tort que font les envyeuses
En ruynant amyes ou amys 116 Par trahisons et façons odieuses,
Rend ses deux seurs d'Amour tant amoureuses
Et le danger du lieu tant dissimule,
Que y revoller cuydoient les malheureuses ; 120 Mais mort s'approche, et le vent se recule.
Dedans la mer, sur deux daulphins assise, [197 v°]
Se promenoit Venus, envyronnée
De dieux marins, et de nymphes ornée, 124 Quant la mouette à son oreille mise
Dit : O Venus, d'un malheur je t'avise ;
C'est que ton filz est au lict fort blecé ;
Et toy icy ! Tout le monde en divise, 128 Qui sans vous est de grâce délaissé.
Venus s'en vient devers son fil^ Amour L'interroger pourquoy luy faict ce tour
115. et amys V — 116. trahison e V ; ou façon e — 121. Le 16' buitain est partagé sur deux Verrières et occupe ainsi en partie la place du ij' buitain qui manque {cf. v. 160) — 124. la mouette omis e — 125. Dit à Venus V — 127. devise V — 128. sans toy V — 129. Le ij* buitain manque dans d et c, mais a été consen'é dans Pimprimé de Jean Maugin, « l'Amour de Cupido et de Psiché ».
Héroet, a
De prendre ainsi pour espouse et amye 132 Celle qui est sa plus grande ennemye.
Puis par dépit en courroux a juré
De luy osier feu^ trousse et arc doré.
Ce dit, s'en va, et recite aux déesses 156 De son enfant Cupido les finesses.
Suyvant Psyché de son amy la trace,
Trouve Cerés, s'humilye et mect peyne 'D'ordonner faulx, rasteaulx, orge et avene, 140 Qu'elle apperçoit en desordre en la place.
Voyant son mal indigne de sa face.
Dame Cerés l'eut volontiers receue ;
Mais par faveur de Venus, qui efface 144 Tout jugement, fut charité vaincue.
Devant Juno, qui en son temple estoit, [198]
Remply de veux et de maincte despouille, Psyché, mercy demandant, s'agenoille,
148 Comptant le mal que par Amour sentoit. De son travail Juno se resentoit.
Et eut changé en joye sa tristesse ; Mais pour l'honneur qu'elle à Venus portoit,
152 La feit sortir du temple sans rudesse.
Venus, au ciel par coulombes portée, De Jupiter impetre son Mercure,
143. pour faveur e — 147. s'agenouille V — 149. ressentoit e, recentoit V — 153. colombes e.
Qui deust bannir Psyché desconfortée 156 Par ung cartel plain de telle escripture :
Nous banissons Psiché par forfaicture
De tous les lieux ou soleil passera ;
Et ce pendant sept baisers par droicture 160 Venus promect à qui l'enseignera.
Ces X suivans sont de S' Gelaii^.
Pour ces labeurs Venus non modérée
Luy monstre ung bois ou paissoit grant foison
De grans moutons à la laine dorée,
164 Luy commandant avoir de leur toison ; Ung vert roseau luy dit l'ordre et raison D'en recouvrer. O incroyable chose !
Les fiers trouppeaux dorment quelque saison,
168 Et de Venus l'ire poinct ne repose.
A peine estoit Psyché bien retournée [198 v»]
Du long travail de l'heureuse rappine, Qu'elle se treuve une boiste ordonnée 172 Que sa maistresse envoyé à Proserpine Pour rapporter de sa beaulté divine ;
157. bannissons e — 158. souleil e — 160. Après ce buitain, Jean Maugin a introduit dans son imprimé deux huitains supplémentaires pour deux Verrières qui n'ont pas de légende. Par là et par la note relative au ij' buitain, on voit que d ne contient que les huitains qui furent mis au bas des Verrières, quand elles furent exécutées pour le connétable de Montmorency — 162. paissent grand V — 165. verd V\ dict V — 167. tropeaux V — 170. arapine e — 171. a trouvé V ; boete e.
Ce que Psyché, n'espérant pouoir faire, De se lancer d'une tour determyne ; 176 Mais la tour parle et dresse son affaire.
Psyché, croyant la véritable tour,
Deux pains ensemble et deux deniers appreste
Pour contenter d'aller et de retour
180 Le vieil Charon et le chien deshonneste, Et ne voulut accomplir la requeste D'un importun errant et solitaire.
Ne soulager une chargée beste,
184 Se contentant de veoir et de se taire.
Bien eussent peu troys vieilles tisserandes
L'impitié mesme à pitié convertir ;
Mais pour leur lin ne leurs prières grandes
188 Psyché ne veult main ne voix divertir ; Et se sentant par abboys advertir Que Cerberus veult nouvelle curée, De ses deux pains ung luy vient deppartir ;
192 Ainsi passa le danger asseurée.
Ayant passé l'inévitable porte [199I
D'où le retour à nul homme est permis, Devers la royne au palais se transporte,
176. dressa e — 177. voiantlee — 181. voulut accorder V — 183. De soullager e — 185. tixarandes e; les v. 185-188 manquent V — 186. L'impiété dg, L'impitié* — 189. haboise — 191. départir eV — 195. pasé F — 194. Dontc V.
196 Ou faict et dict ce qu'on luy a commys. Près de la royne ung siège luy fut mis En luy offrant et repoz et viande ; Mais rien ne prent ny offert ne promis,
zoo Fors que la boiste ainsi qu'elle demande.
Ah ! comme il nuyt d'estre trop curieuse ! Psyché, pensant accroistre sa beaulté, Ouvre la boiste, ou peste furieuse
204 Estoit enclose, et somme et cruaulté ; Et si ne fust la grande loyaulté De Cupido, qui la reliefve en voye, Elle mouroit ; mais ayant rebouté
208 Les maulx au vase, à Venus la renvoyé.
Amour, aymant une qu'il feit amante, Et esprouvant en soy comme autre il poinct, A Jupiter faict requeste exprimante 2 L'ennuy qu'il a de Psyché n'avoir poinct. Le dieu, qui s'est souvent veu en ce poinct. En eut pitié, et commande à Mercure Que tous les dieux en mesme instant et poinct 216 Soubz grande peync assembler il procure.
Tost fut remply, soit par craincte ou devoir, (199 v<»]
Des immortelz le céleste pourpris.
196. ce que on F — 197. Les v. 197-200 manquent V — 198. ung [et] repos e — 199. ny promis e — 201. A V ; nuit V — 204. et mort et V; second et omis e — 206. relieve V — 209. aiant une qui e — 213. Et Jieu V — 215. Qui V — 216. peine e.
Si prent le roy à leur ramentevoir 220 Qu'il a d'enffance Amour en amour pris, Combien qu'il fust de legierté repris, Et que or voulant à Psyché l'arrester Il a d'eulx deux l'aliance entrepris, 224 Pour tant l'a faict par Mercure apporter.
Grant fut l'effect de la doulce ambrosie
Qui la purgea d'impure humanité ;
Grant fut l'honneur, l'accueil, la courtoisye,
228 Qu'elle receut de celle affinité. Là, de plaisirs y eut infinité, Chacun faisant ce qui plus le délecte ; Troys nymphes ont partout mys et gecté
232 Maincte fleur belle et fresche violette.
Quelle paroUe, escripture, ou pensée
Sauroit au vray les plaisirs exprimer
D'une amytié enfin recompensée, 256 Dont le long mal faict les biens estimer !
Or est en doulx converty leur amer.
Or ne sont que ung de corps et volunté ;
Et de cest ung, doublé par bien aymer, 240 Ne peult sortir que honneste volupté.
219. Se prend V ; leur faire scavoir V — 220. Qu'il (a omis) d'enfant c — 221. de légèreté pris e, d'inconstance repris V — 222. vouUant e — 223. a des deulx V; alliance e — 229. des plaisirs e — 230. faisoit ce que e — 256. le bien V — 237. Les v. 237-240 manquent V — 238. quun e — 239. pour [par] e — 240. qu'honneste e.
DOVLEVR ET VOLVPTÉ '
L'œil abaissé, la face exténuée, [^o?]
Sur front serain pluvieuse nuée,
En bouche vive une parolle morte.
Triste regard qui nul aise comporte.
Le pourmener, en penser consumé,
Rudde et hastif plus que l'accoustumé,
Telz apparens et autres accidens,
De voz secretz rapporteurs evidens,
M'avoient tenu certain de la douleur
Que promectoit vostre palle couleur.
Grande elle estoit, mais ne fut que demye
Quant je la sceu, car vous estes m'amye,
Et comme est vray que noz cueurs ne sont q'ung,
Ainsi de nous bien et mal est commun.
Si recevez ung plaisir, je le sens ;
VL — Texte : ms. Chantilly 525 (d). Variantes : ms. B.N. 1667 (c) et Recueil de vraye poésie françoyse, Denys Janot, 1544 (R). — Le titre, donné par d R, manque dans c qui porte, f. 88 r°, « Epistre d'un Amant prisonnier à s'amye par La Maison Neufve » ; au feuillet précédent on lit : « Deux Epistres de La Maison Neufve » : la seconde pièce est la Complainde (voir p. 100) ; en face du v. 56 de la première, on a ajouté dans la marge « Doulleur et Volupté ». — Cette pièce a été insérée par G. GuifFrey dans les « Œuvres faussement attribuées à Marot » (édit. de Marot, t. II, p. 503), et auparavant par P. Jannet (édit. de Marot, t. I, p. 117) : tous deux suivent le texte du Recueil (1544), mais en le corrigeant.
1. sur face R — 2. la pluvieuse c — 3. Et bouche R — 4. mal aise c, maintz aises R — J. promener R\ consommé R — 12. je l'ay c.
I. Héroet s'inspire encore dans cette pièce d'une idée souvent développée par Platon. Sur l'union de la douleur et de la volupté, voir en particulier Phèdre, 60 B, et Pbilibe, 31 B et 50 B.
Si vous souffrez aucun mal, je consens
Incontinant que mon cueur soit chargé
De la moictié, et le vostre allégé.
Ainsi faisant de vray amy devoir, 20 Je croy le mal que vous pensez avoir
En vérité estre des deux partz moindre
Que le malheur qu'en lettres voulez paindre ;
Car si de joye ensemble joyssons,
C'est bien raison que l'ennuy partissons ; 25 Et de douleur egallement partye
De voz deux partz la plus grande est sortye, [107 v°]
Me l'escripvant ; je sçay ce qui tormente,
Et comme dueil dyminue ou s'augmente ;
Tenez vous en sus moy toute asseurée 30 Que la douleur qui vous est demourée
N'est riens au pris de ce qu'elle eust esté
Si mon cueur n'eust le vostre supporté.
Vous me direz ce que dire scavez :
Quant ou plaisir ou passetemps avez ; 3> Que le dernier (par amour) que vous eustes
Est le plus grant que jamais vous receustes ; ' Semblablement, quant peu de mal sentez,
Non seullement vous en mescontentez
Et n'y voulez ny conseil ny raison, 40 Mais le mectez hors de comparaison.
Il ne vous fault ny d'un ny d'autre croire ;
Car cela vient de récente mémoire,
Qui peut tromper en aise et en torment
De tout amant le deceu jugement, 45 Et qui tousjours du bien ou du mal pense
17. Qu'incontinent mon cœur en soit R — 21. de deux c R — 22. letre R — 28. ou augmente R — 31. rien c R — 34. au plaisir cR — 39. Et ne c R; ny confort ny c — 41- ny l'un ny l'aultre R — 45. Et que c R ; le bien ou le mal c R. t
Telle grandeur quelle est la souvenance.
Or soit l'escript que de larmes baignez
Vray, et l'ennuy tout tel que le paignez,
Nul mal ne soit veu au vostre semblable, 50 Je le vous veulx prouver plus consolable,
En vostre endroit mys à l'extremyté, [^o^]
Que s'il estoit réduit à l'équité,
En vous monstrant selon coustume myenne
Les veritéz dessoubz fable ancienne.
>5 L'on dit qu'estant Jupiter de loisir,
Avecques l'œil tout voyant sceut choisir
En ce bas lieu deux dames impudentes,
D'horribles criz si haultement bruyantes
Que l'espoisseur du ciel en fut fendue 60 Et leur querelle en son trosne entendue.
L'une monstrojt à sa merencolye
Estre Douleur, parente de Folye,
Plaine de pleur et de parolles dures.
Se ressentant des souffertes injures, 65 Et de colère escumante irritée.
Volupté, l'autre, estoit plus affettée,
Usant de cry tenant de mocquerye.
Qui redoubloit en Douleur sa furye.
Leur couroux fut tant crié et redit ) Que Jupiter vers elles descendit.
Luy arrivé, chacune s'eslongna ;
Mais toutes deux par le poil empoigna,
Et, pour unyr les furieuses bestes.
Si fort les feit entredonner des testes ; Qu'oncques depuis de heurter ne cessèrent ;
46. Quelle grandeur quelle quec, Tel en grandeur qu'il est en souvenance R — 51. mais kc — 52. Que omis c — 5;. On R — 59. l'espesseur R — 61. mélancolie c R — 62. Follie R — 65. Pleine de pleurs R — 64. repentant c, recenunt R\às. R — 66. affectée R — 68. à Douleur c R.
Là les cheveulx si bien s'entrelasserent, [108 v°]
Qu'encores sont meslées leurs racines, Et des deux chefz les summitéz voisines : Pour nous monstrer, quant par injure ou faulte
80 Une douleur se fait sentir si haulte
Que plus ne peut par nature monter, Qu'il fault son cueur de constance dompter, Luy promectant, si bien peu sçait attendre, Que son mal voit en volupté destendre.
8j Et comme aurons contrainct nostre vouloir A endurer et ne se trop douloir, Semblablement la fable fault ouyr, Qui nous deffend de trop nous resjouyr Quant au plus hault de volupté nous sommes.
90 Ces deux tirans sus la vye des hommes
Tousjours ont eu et auront grant puissance ; Il nous les fault vaincre de dilligence ; D'industrieux et pénible artiffice En tous les deux est requis l'exercice ;
95 Qui ne veult poinct en grant douleur tumber, Ou, y tumbant, jamais n'y succumber. Essayer fault les peynes douloureuses.
Les loix des Grecz, saiges et vertueuses. De deshonneur les jeunes accusoient, 100 Quant ou travail ou douleur recusoient ;
Et les parens qui leurs enfans aymoient, [109]
A souffrir mal tous les accoustumoient ; Les passelemps entr'eulx n'estoient loisibles, S'ilz ne sembloient dangereux et pénibles ;
76. s'entrelacèrent R — 79. quand R — 83. promettant i? — 84. doibt c R; descendre c iî — 89. Quand R — 90. tyrans sur R — ^i. grand R
— 95. D'industrie (vers faux) d c. D'industrieux R [Comme Heroet a l'habitude de faire porter la césure sur une syllabe accentuée (voir pourtant la var. des mss. au v. 156 de la v Complaincte », p. 106), il parait nécessaire d'adopter la var. de R] — 95. grand R ; tomber R — 100. Qjiand au travail c R
— 104. ou pénibles c R.
105 Et la raison de telle loy maistresse Estoit qu'ayant accoustumé jeunesse A soustenir le travail voluntaire, Que prompte estoit et forte au neccessaire, Si repoulser failloit les ennemys
1 10 Ou inhumer les corps de leurs amys, Ce long usaige et dure accoustumance Armoient leur cueur de telle passience Que d'autre avoient et d'eulx mesmes victoire, Ce qu'il ne fault tenir à peu de gloire.
II) Laissons les Grecz. Venons à vous apprendre Ce qui vous peult victorieuse rendre De grant douleur ; car quant à la passée, Penser la fault petite ou effacée.
Je dy que quant les peynes se présentent,
120 Bien que voz sens foibles s'en mescontentent, Que ne devez pourtant les éviter.
Mais prendre en jeu et vous exerciter, Ayant regard à pires adventures Que le présent nous faict juger futures.
125 Quant ung mary qui d'ennuyer ne cesse [109 v°]
S'en va dehors et liberté vous laisse, C'est ung grant mal ; mais si vous l'endurez Et vostre esprit en absence asseurez, Ce que pensez malheur vous servira ;
130 Lorsque d'ycy pour jamais s'en yra. Plus aiseement sa mort supporterez.
Ne point en pleurs le temps consumerez, Qu'il fault donner sans joye et sans torment
108. Que prompt estoit et fort c, La rendoit forte et prompte R — III. Si c. Le R — 112. patience R — 116. Ce qu'il c — 117. quand R ; pensée c R — 119. dis R — 120. nos cœurs c, vos cœurs R — 125. aux pires R — 124. vous fait c R — 130. Lors que l'ennuv jR — 151. ayscment R — 132. consommerez R — 133. tourment R.
Au conducteur de vostre entendement.
13s Nous ne devons prétendre en tous propoz
Que d'acquérir aux esperitz repos,
Ce que ferions, si ces deux passions
Subtillement vaincre nous efforcions. j
Quant à Douleur, ce que j'ay dit suffise. |
140 Si nous craignons que Volupté destruyse ]
Le bon de nous et le plus précieux, !
Vaincre nous fault Cupido l'ocieux I
Par ung louable et plaisant exercice, ;
Suyvant plus tost nature que malice. i
145 De Volupté la plus grant passion ';
Est de l'amour la perturbacion.
Affin q'un cueur en soit vainqueur et maistre, |
Il fault sa fin et ses moiens congnoistre ; 1
Si n'en avez entière congnoissance, ijo Saichez de moy qu'on le paint en enffance [iio]
Plain de doulceur, et fier en sa vieillesse.
Et que du traict premier qu'il nous adresse
Viennent soûlas, envyes et désirs,
S'oflTrent baisers, approches et plaisirs, ISS Que ne devez à l'amy reflfuser.
Mais prendre en jeu, non pour en abuser
Ne pour le temps en joye consumer,
Ains seuUement pour non s'accoustumer
A trop d'amour jamais ne succumber.
160 Ung bon luyteur se laisse bien tumber
Aucunes fois soubz moins puissant que luy.
Pour esprouver que peult faire celuy
Contre lequel pour l'honneur fault combatre,
139. Quand R; ]e diz c — 148. la fin c; moyens R — 150. Sçachez R — 152. qui nous R — 153. et envies désirs c — 154. Souffrant cR — 157. consommer iî — 158. pour vous acoustumer cR — 160. lutteur R — 162. celluy R.
S'il luy advient fortune de l'abatre.
165 Faignons qu'amour, de noz plaisirs aucteur,
En son jeune aage aprent d'estre lucteur ;
Vault-il pas myeulx avecques luy lutter
Et la doulceur de l'enfFance gouster,
Quant l'abatu ne peult tumber de hault, i 170 Que de se mectre en danger d'un grant sault,
Qu'il donneroit, sa vieillesse venue,
A qui seroit sa ruse non congneue ?
Cest abateur toutesfoys que je dy.
Combien qu'il soit fier vieillart estourdy, 175 Si n'est-il pas rapporteur de malaise ; [iio v°]
Impossible est que grant plaisir desplaise.
On le dit fier, pour faire à celle entendre
Qui se vouldra contre l'amour defFendre
Et qui n'aura son cueur exercité, 180 Ains les efFors de jeunesse évité,
Que ce vieillard en meur aage viendra.
Ou tellement l'inexperte prendra
Que l'esperit, qui est la part meilleure
Et qui en nous pour gouverner demeure, 185 D'aise surprins et troublé, servira
La Volupté, qui depuis conduira
Ses actions sans aucun jugement.
Il en advient aux amys autrement :
S'ilz ont suyvy l'amoureux exercice, 190 En eulx se garde une grande justice ;
Ce qu'appartient à ung chacun ilz rendent,
A Dieu l'esprit, et pour ce qu'ilz entendent
Que le corps n'est que terre en chair reduicte,
164. Si luy c — i66. apprend c R — 168. enfFant se c — 170. mettre R — 172. ruze R — 177. faire assez c, faire à telle R — 179. Et qu'il c — 182. telement R ; inexpert se prendra c — 184. pour conduirez — 192. l'esperit d, l'esprit c R.
Donnent au corps amy qui le mérite ; 195 Rien ne leur peult trop d'amour desguiser,
Suyvent le bien et ce qu'il fault priser ;
Et d'autant plus que l'esperit repose,
Nommer heureux en malheur je les ose.
Pour acquérir le repoz que je loue, 200 Fault q'un chacun de Volupté se joue ;
Puisque l'homme est nommé le jeu des dieux, [i 1 1]
Jouer se doit en jeu non odieux
A son facteur, qui veult, comme il doit, estre
Aymé sur tous et recongneu pour maistre, 205 Ce que jamais de celuy ne seroit
Qui en amour ne s'exerciteroit ;
Car n'aymant rien, on vient à tant aymer
Qu'on ne veult dieu que l'amour estymer.
Le point du tout ou trop aymer est vice ; 210 Mais s'en jouer et prendre en exercice,
Ce sont vertuz et mediocritéz ;
Fuir ne fault que les extremytéz.
Estre trop belle, estre trop poursuyvie,
De ses beaultéz engendrer trop d'envye, 215 Nous avons veu qu'à plusieurs a peu nuyre ;
Helaine Grecque en scauroit bien que dire.
De vouloir trop estre aymée et heureuse,
Demander fault à Juno la jalleuse
Au temps passé ce qui luy en advint, 220 Quant Jupiter trop bon mary devint ;
Elle, prenant à deshonneur et honte
Qu'on tint si peu de sa richesse compte,
Saichant assez, et ne se voulant taire,
194. d'amy c R — 195. trop amour c R — 196. Suyvant c R — 202. à jeu c i? — 20J. qu'il voit comme R — 207. tant grever R — 208, dieu (omis d) c R; pour l'amour c — 209. Ne c iî — 216. trop [bien] que R — 218. jaleuse iî — 219. ce qu'il luy R — 223. Sçachant R.
Que son mary eust le bruit d'adultaire, 225 Ses suspecons à Venus descouvrit
Et les secrectz de son couraige ouvrit ; [m v°]
Laquelle, ayant de tel amour pitié,
Laissant à part la vieille inymitié,
La repara de sa chère saincture, lyo Ou maincte grâce estoit en pourtraicture.
Lors Jupiter, qui point ne s'en doutoit
Et qui Juno comme femme traictoit.
Venant des lieux dont il estoit mescreu.
De retourner satisfaict et recreu, 255 Luy arryvé, la rencontra si belle,
En si bon point, si peu semblant à elle,
Que, sans penser au terrestre plaisir,
Y accourut en si pressé désir
Que, la baisant et voulant s'avancer, : \o Paracheva devant que commancer
Et laissa cheoir la liqueur de Venus,
Dont les fleurs sont en noz jardins venus '.
Le demourant vous pourroit offencer;
Je vous lairray tant seullement penser 245 Si Volupté fut proche de Douleur,
Ou si Juno changeoit point de couleur.
Quant au printemps ses fleurs se presentoient
225. souspeçons2î — 227. telle ci? — 243. vous pourrez tout penser c; offenser R — 246. changea R — 247. primtemps R ; les fleurs c R.
I. Héroet paraphrase ici un épisode d'Homère (Iliade, XIV, 214 sqq.), l'un de ceux dont Platon alléguait l'immoralité pour proscrire Homère de sa cité idéale (République, III, 390 B). D'ailleurs, en modifiant certains détails, Héroet n'a fait qu'ajouter aux hardiesses du poète grec. Pourquoi ces modifications ? Pour mieux adapter la légende d'Homère à l'idée philosophique qui fait le sujet du poème ; c'est avec la même liberté que dans la description de l'île fortunée (voir p. 52), Héroet a ajouté des détails de son invention aux détails fournis par Platon.