‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 103 sur 105 · CHRIST · texte numérisé non relu

CHRIST

Père tout-puissant ! Agenouillé bien bas aux pieds de la

Destinée Il y a deux fontaines dans lesijuelles pleurent

les esprils, quand les mortels errent, appelées la Discorde et l'Esclavage; ; et de leur rosée amère deux Destinées emplissent chaciine leurs irrévocables urnes. La troisième, la plus féroce et la plus puissante, a mêlé les deux sources, et y a ajouté le chaos et la mort, la lente lymphe de l'oubli, et la haine et la terreur ; et la pluie empoisonnée.

Par ce front, dont les porcs ont [dcnré des larmes de sang; par ces larges blessures; par celte iui|)ériale couronne d'agonie ; par l'iufamie, la solituile el la mort (car j'ai enduré tout cela); [)ar l'angoisse de pitié l'esscnlii; pour •ceux qui voudraient [se donner] pour moi la joie oubliée d'une revanche (car j'ai senti cela) ; par la lumière sacrée de Platon, dont mon esprit ne fut (|u"iin éclatant lendemain ; par la (irèce, et par tout ce ((u'clli' ne peut cesser d'être; ses par()les inextinguibles, étincelles de linimortelle vérité, étoiles de toute nuit ; ses hainionies et ses formes, échos et ombles de ce que l'Amour adore en toi ; jf t'en adjui-e, énu-ts la Destinée, ton irrévocable enfant ! Quelle descende, Nicloire aux ailes de séraphin, armée de

la tempête et de lonmipotence de Dieu qui gouverne toutes choses !

Du sein des vaines liiçues ; de la Tyrannie qui arme les anarchies mécréantes et jalouses, pour écraser, comme un nid de serpent ailé, le nom de la Liberté ; du sein de l'orageuse l'action, qui semblable à un tremblemenl de terre secoue et soulève le solide cœur de Tentreprise ; de tout ce qui tait des plus saints rêves des plus sublimes esprits

autant d'étoiles sous l'aurore la Liberté se lèvera

victorieuse, comme le monde jaillit du Chaos! Et de même que les cieux et la terre se parèrent en naissant de la beauté et de la lumière de ton premier sourire, ô Père ; de même qu'ils recueillirent l'esprit de ton Amour, qui pave leur sentier sur les abîmes, jusqu'à ce que chaque sphère ne fasse plus qu'un seul e$[)rit vivant ; ainsi la Grèce

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