‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 48 sur 105 · LE FANTOME · texte numérisé non relu

LE FANTOME

« Ennemi, je te défie ! Avec un esprit calme et ferme je finvite à essayer contre moi tout ce que tu peux minfliger, affreux Tyran et des Dieux et de l'espèce humaine ; 11 ny a qu'un seul être que tu ne soumettras pas. Fais pleuvoir alors ici sur moi tes n<''aux, les affreux maux, et la crainte délirante ; fais alterner la gelée et le feu pour ronger mes entrailles et que ta colère soit éclair, grêle coupante, et légions de Furies, accourant sur les tempêtes déchirantes.

'< Ah ! fais ce quïl y a de pire ! Tu es tout-puissant. Sur toutes choses je t'ai donné pouvoir, exepté sur toimême et sur ma propre volonté. Envoie tes maux rapides tlétrir Ihumanité, du haut de ta tour éthérée. Que les esprits méchants se déchanient dans l'ombre sur ceux que j'aime : sur moi et les miens j'appelle les dernières tortures de ta haine ; et je dévoue à une agonie sans sommeil cette tête inflexible, tant que tu dois régner là-haut.

'( Mais toi, qui es le Dieu et Seigneur! 0 toi qui remplis de ton âme ce monde de douleurs, devant qui toutes choses sur la terre et dans le ciel plient dans la

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crainte cl ladoralion ; toiU-puissant ennemi ! Je le maudis ! Qiu' la malédiction d'un patient t'étrcigne, loi son bouireau, comme un remords ! ,lus(inà ce que ton Infinité soit pour toi une robe d'agonie empoisonné'O ; et ton Omnipotence iuk^ couionnc de douleui-, qui se colle, cercle d'or brûlant, autour de ta cervelle dissoute ! '< Amoncelle» siu- ton âme, en verlu de celle mah'diction, les œuvres du mal, et (|ue la vue du bien soit ton supplice : tous deux infinis, comme est l'univers, et toi, et ta solitude qui est son pi-opre bourreau. Quoique tu sois maintenant une puissante image de calme Pouvoir, llieure viendra oîi tu ap|)araîlias ce que lu es inlérieuremenl ; cl. a|)rès nombre de crimes perfides et sans Iruil, la honte suivra à la trace ta chute traînante à travers l'espace et le temps sans bornes ! »

l'KOMÉTHÉE

Sont-ce bien là mes pai'oles, ô ma mère 1

1,A TEUnE

(À' sont i»icn les |)ai"(»lcs.

l'll«»MlTm.K

.le m'en repens ; ce sont de vives et vaines paroles ; le cliagi'in esl sinivenl aveugle, cl ici lïil le mien, ,1e veux i|U aiicimc cnaliirc vivaiilc iic smillVc.

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