SECONDE FURIE
T'imatfines-tu que nous ne voulons que rire dans tes \(!ux sans paupière ?
PROMÉTIlÉl':
Je ne considère i)as ce (pie vous faites, mais ce que vous soutirez, étant mauvaises. (>ruel fut le pouvoir (pii vous appela, vous et tout ce (jui est aussi misérable (jue vous, à la lumière.
Tnoisn'',Mi-. I rr.ii'.
Penses-tu (pie nous allons vivre en toi, une par une, comme la vie animale, et (pioi(pie nous ne puissions pas obscurcir lame (pii brûle intérieurement, (pu- nous allons habiter à c»H('' d'elle, comme une vaine multitude bruyante, lioui>lanl le conlenlemeiit de soi-même des hommes les plus saines ; (pie nous allons ("'Ire une pens(''e tei'i'ible sous ta cervelle, un désir impur autour (le loii cu-ur slupelK^el (l;ins le l;ili\ rinllie (le (es veines un sani; ranqtanl connue r:ii;<uiie '.'
IMiOMKTHÉE
Mil bien, iniiiulenanl vous voilà à voire ol'lice; et ce
PROMKTIIÉE DÉLIVRÉ 147
pendant je reste roi de moi-même, maîtrisant au-dedans de moi vos assauts et vos tortures, connue .lupiter vous maîtrise (juand l'enfer se mutine.
CHœUR DE FURIES
Des bornes de la terre, des bornes de la terre, où la nuit a son tombeau et le malin sa naissance, venez, venez, venez !
0 vous (|ui ébranlez les montagnes de vos cris d'allégresse, quand les cités tombent en bui'lant dans la ruine ! et vous qui de vos pieds sans ailes louiez la mer, et qui, suivant de près la trace du Naufrage et de la Famine, vous asseyez en caquetant avec joie sur les stériles débris ; venez, venez, venez !
Laissez le lit bas, froid et rouge où gît une nation morte ; laissez la haine, comme dans les cendres on laisse du feu [)0ur des brasiers futurs ; elle éclatera en lueurs plus sanglantes (|uand vous la remuerez, bientôt de retour ; laissez le mépris de soi-même implanté dans de jeunes esprits, enchantés par leurs sens, combustibles non encore allumés de la Misère ; laissez les secrets de lEnfer à moitié dévoilés pour le maniaque rêveur ; il est plus cruel avec la crainte, que vous ne pouvez l'être avec la haine. Venez, venez, venez !
Nous nous exhalons de la large porte de l'Enfer, et nous pesons sur les souffles de ratmosi)hère. 3Iais en vain nous nous fatiguons jusqu'à ce que vous soyez ai-rivées !