‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 78 sur 138 · ANTISTROPHE II · texte numérisé non relu

ANTISTROPHE II

De la divine forme de la Liberté, du plus intime sanctuaire de la nature, arrache toute parure impie, déchire l'erreur voile par voile ; sur la Ruine désolée, sur les débris de l'empire du Mensonge assieds-toi, sublime, sans effroi, sois le pâle Destructeur ! Que les lois de l'égalité soient les tiennes, et que les paroles ailées naviguent, frétées de vérité même du trône de Dieu ! Que cette richesse, immortel destin, soit la tienne ! — Tout salut î

STROPHE m

Ne tressailles-tu pas d'entendre le frémissant pœan de l'Espagne, solennellement répété par les échos de rivage en rivage, jusqu'à ce que le silence devienne une musique ? D'Œœa (l) aux Alpes glacées l'éternelle Italie tressaille en entendant le tien ! La mer qui pave les rues désertes de Venise rit dans la lumière et la musique ;

(1) OEœa, l'île de Circe.

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la pâle Gênes devenue veuve épèle au clair de lune les épitaphes de ses ancêtres, en murmurant : « où est Doria ? y La belle Milan, dont les veines depuis longtemps sentent courir en elles le venin paralysant de la vipère (1), lève son talon pour lui écraser la tête. Si lEspérance et la Vérité et la Justice peuvent prévaloir, tu es le signal et le sceau de toutes ces espérances ! — Oh ! Salut !

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