LA TOUR DE LA FAIM
Au milieu de h» désolation dune cité qui fut le berceau et qui aujourd'hui est la louibe dun peupU' éteint,
(1) La lour do Pise (|ui servit do prison à Igolino : Hrowning a lait ol)st>rvcr ([lie Shelley a confondii la Tour Gitclff à la(|»ell« s'a|)pli<|iie sa deseription avec la vraie Tour tir la Faim, dont les restes se Ironveiil sur la place De Cavalieri.
si bien que la Pitié pleure sur les débris de la vague de l'oubli, se dresse la Tour de la Faim. Elle est bâtie sur quelques prisons dont les habitants délirent de pain, d'or et de sang. La Peine, enchaînée au Crime, agite la flamme brillante de leurs heures, jusqu'à ce que son huile vitale soit épuisée ou répandue. Là s'élève la masse, une tour au milieu des tours et des dômes sacrés ; les voûtes de marbre, temples aux portes d'airain, et les jardins de la richesse solitaire, sous le pavillon à l'épreuve de la tempête de l'air profond de l'Italie, sont obscurcis par sa présence ; ils se tiennent à distance, et s'en éloignent, si bien ^pie le monde est nu autour d'elle ; comme si un spectre, enveloppé dans une terreur informe, au milieu d'une compagnie de belles dames, glissait en luisant, jusqu'à ce qu'il soit devenu un miroir de toute leur beauté, et que leur chevelure et leurs couleurs, la vie de leurs doux yeux avec tous ses charmes trompeurs, soient absorbées en lui au point de devenir marbre.