‹ Œuvres poétiquesChapitre 88 sur 96 · LA MÉDISANTE · texte numérisé non relu

LA MÉDISANTE

Une femme avait pris Thabitudc empestée Oe redire d'aulnii tout ce qu'elle savait, Et par dessus ce qu'elle imaginait.

En sa présence, une chose contée Etait incontinent rapportée en cent lieux.

Le mal s'entend, le bien à dire est ennuyeux ; Le mal dans tout son luxe, avec toute sa glose, Tel que la médisance en riant le compose, Ou que la calomnie, en son antre assassin.

Contre le» innocents le distille en venin.

La mort vint à frapper au seuil de cette femme, Et quelqu'un lui parla du salut de son âme.

Mais elle : Vous prenez un inutile soin, Je ne puis vers le ciel revenir de si loin.

Ma vie est contre tous une longue harangue.

Voisins, amis, parents ont passé sur ma langue. J'ai médit sans relâche, en tout temps, en tout lieu. Et si j'allais au ciel j'y médirais de Dieu.

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