‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 28 sur 118 · PROSERPINE · texte numérisé non relu

PROSERPINE

Après avoir conté en peu de mots renlèvement d€ Proserpine (dans les fêtes de Proserpine) :

Sois donc propice aux tiens, vierge, épouse sacrée, O Junon des enfers, qu'une mère éplorée, Sur un axe rapide attelé de serpents.

Les flambeaux à la main, rechercha si longtemps. Déesse, tu n'es pas étrangère à cette île. N'es- tu pas, comme nous, enfant de la Sicile ?

>l BUCOLIQUES

Que de fois, retournant de leurs bruyants travaux. Les Cyclopes d'Etna, chargés de leurs marteaux. Te trouvaient, les pieds nus, assise dans la plaine. Ramassant des cailloux au sein d'une fontaine. Ils aimaient tour à tour, et tu ne fuyais pas, A porter ton enfance en leurs robustes bras. Si jamais dans les cieux l'enfant d'une immortelle Est aux vœux maternels indocile et rebelle. On appelle un Cyclope, et Mercure à l'instant Vient, imite leur voix ; il fait peur à l'enfant Qui, ses mains sur les yeux, plus doux et moins colère. Se rejette en criant vers le sein de sa mère. Mais toi, sur les genoux de ces frères nerveux. Tranquille, tu jouais avec leurs noirs cheveux. Ils riaient de te voir, de ta main enfantine. Arracher la toison de leur vaste poitrine.

Callim. in Di. (Callimaque, hymne à Diane).

Après avoir mis dans la bouche d'une poétesse un chant pour Proserpine, le lui faire terminer ainsi :

Salut, reine des morts, femme du Dieu d'enfer, Souterraine Junon, fille de Jupiter. Et lorsque le tombeau m'ouvrira ton empire. De silence et d'oubli n'accuse point ma lyre, Comme au sage Thébain, divin chantre des Dieux. Mon ombre, pour venir en songe harmonieux Dicter des vers tardifs consacrés à ta gloire. N'aura point à sortir de la porte d'ivoire.

(V. Pausanias.)

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