‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 47 sur 118 · UN JEUNE HOMME DIRA · texte numérisé non relu

UN JEUNE HOMME DIRA

J'étais un faible enfant qu'elle était grande et belle. Elle me souriait et m'appelait près d'elle. Debout sur ses genoux, mon innocente main Parcourait ses cheveux, son visage, son sein. Et sa main quelquefois, aimable et caressante, Fei^ait de châtier une enfance imprudente.

C'est devant ses amants, auprès d'elle confus,

Que la fière beauté me caressait le plus.

Que de fois (mais, hélas ! que sent-on à cet âge ?)

Les baisers de sa bouche ont pressé mon visage !

Et les bergers disaient, me voyant triomphant :

« 0 ! que de biens perdus ! O trop heureux enfant ! »

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