‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 51 sur 118 · LE SATYRE · texte numérisé non relu

LE SATYRE

Toi, de Mopsus ! Ami, non loin de Bérécynthe,

Certain Satyre un jour trouva la flûte sainte

Dont Hyagnis calmait ou rendait furieux

Le cortège énervé de la mère des Dieux.

Il appelle aussitôt, du Sangar au Méandre,

Les Nymphes de l'Asie, et leur dit de l'entendre ;

Que tout l'art d'Hyagnis n'était que dans ce bui ;

Qu'il a, grâce au destin, des doigts tout comme lui.

On s'assied. Le voilà qui se travaille et sue,

Souffle, agite ses doigts, tord sa lèvre touffue.

Enfle sa joue épaisse, et fait tant qu'à la fin

Le buis résonne et pousse un cri rauque et chagrin.

L'auditoire étonné se lève, non sans rire.

Les éloges railleurs fondent sur le Satyre

Qui pleure, et des chiens même, en fuyant vers le bois,

Évite, comme il peut, les dents et les abois.

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