XI) SONNET DE COURVAL
L'édition de 1623 est, sauf les titres grecs, à peu près identique à la précédente, celle de 1627 (Rouen, Guill. de la Haye, trois parties in-S"), dont nous avons scrupuleusement reproduit les titres en fac-similé*, et que nous avons suivie parce qu'elle est généralement regardée comme la dernière que l'auteur ait donnée, renferme, en plus des satires déjà publiées, une suite de douze satires nouvelles qui sont, à mon avis, les plus intéressantes de l'œuvre si curieuse de Courval-Sonnet.
En effet, les Satyres contre les abus et les désordres de la France, bien qu'elles aient le mérite d'annoncer des tendances réformatrices et des opinions fort libérales pour le temps, ont perdu leur actualité, en ce sens que ces désordres et ces abus si amèrement critiqués ne sont plus aujourd'hui qu'un souvenir historique. Quant aux diatribes contre les femmes, elles ont le tort d'être écrites par un médecin, blasé sur bien des détails qui blessent les convenances et la pudeur. Ajoutons que ce médecin abuse quelquefois jusqu'au cynisme de la permission d'être technique.
Mais les nouvelles pièces qu'il met au jour sous ce titre : Les Exercices de ce temps, sont de vraies peintures des moeurs bourgeoises et campagnardes au commencement du XVII^ siècle. Elles ont le même droit à notre intérêt que les tableaux de Teniers, de Van Ostade, ou ces fameuses Noces flamandes de Rubens Le satirique
I. U y a lieu de faire observer que le titre dont le fac-similé figure après cette notice, étant le titre général du livre assez compacte de Courval, ne se rapporte pas spécialement à notre premier volume, mais aux satires complètes de notre auteur. Les autres titres ne présentent pas la même anomalie.