MI'DI
*A Gustave Juudt.
Les prés et les blés mûrs, comme une mer de feu, Au soleil aveuglant, vibrent sous le ciel bleu ;
Mais il fait bon, là-bas, à l’endroit où la haie De sureaux et d’épine entoure un sombre abri Qu’ombrage une abondante et soyeuse saulaie ; Jeanne va s’y coucher près du ruisseau tari.
Et là, parmi les foins à l’odeur enivrante,
Laissant sur les parfums flotter son âme errante, Elle suit, l’oeil mi-clos, un nuage d’argent; Immobile, dormant et veillant tout ensemble, Tandis qu’un rayon d’or, par les branches plongeant. Sur son sein virginal s’épanouit et tremble.