‹ Œuvres poétiques de Jules BretonChapitre 18 sur 70 · LE RETOUR DES CHAMPS · texte numérisé non relu

LE RETOUR DES CHAMPS

Tel il marche par habitude,

Tel il ira jusqu’au tombeau :

Content si, par son labeur rude, Les blés sont lourds et l’orge beau.

Courtières , 1874.

LES CHAMPS ET LA MER

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La neige — le pays en est tout recouvert — Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,

Et, du fond des remous, à l’horizon désert,

Par des vibrations d’azur tendre et d’or vert,

Dans l’éblouissement, la pleine lune émerge.

A l’Occident s’endort le radieux soleil,

Dans l’espace allumant les derniers feux qu’il darde A travers les vapeurs de son divin sommeil,

Et la lune tressaille à son baiser vermeil Et, la face rougie et ronde, le regarde.

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis Se teinte sous le flux enflammé qui l’arrose. L’ombre de ses replis a des pâleurs d’iris,

Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris, Sourit la plaine immense ineffablement rose.

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