‹ Œuvres poétiques de Jules BretonChapitre 24 sur 70 · ILL USIONS · texte numérisé non relu

ILL USIONS

tA «. Anatole France.

Q» 'impétueusement un cœur blessé s’élance, Lorsque l’hiver l’étreint sous son linceul épais,

Vers le premier asile où, jeune et dans la paix,

Il s’écoutait chanter au milieu du silence.

Avec quelle âpre ardeur, âme, tu te repais Du toit natal, des prés et des fleurs bordant l’anse De l’étang où l’oiseau sur les joncs se balance ;

Et pourtant, ô Chimère, alors tu nous trompais l

Car dans ton beau mirage un avenir superbe, Comme un été splendide ouvrait sa riche gerbe Dont les épis flottants étaient de vrais soleils.

Tu mentais. — Mais qu’ils ont d’irrésistibles charmes Ces fantômes qu’on voit dans les lointains vermeils, S’iriser à travers le grand prisme des larmes !

Courrières , 1873.

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Le grand soleil du soir, dont l’orbe vibre et plonge Dans les saules brumeux, rougit un chaume obscur, Et, par le pré cendré d’ombre tiède, prolonge Un trait de feu dormant sous des reflets d’azur.

Deux vieillards sont assis à l’abri du vieux mur, Bonnes gens au cœur droit, ignorant le mensonge; Près d’eux, jase dans l’herbe un enfant rose et pur. L’homme carde le lin, la femme file et songe.

Et voici que leurs yeux sont pris d’un tendre éveil Là-bas, le couple jeune et fort, dans le soleil, Revient de la moisson à l’agreste chaumière,

Et le petit, encor baigné d’aube première, Au-devant de sa mère, au front clair et vermeil, Comme un chevreau joyeux bondit vers la lumière.

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