LES ALOUETTES
Théodore de ‘Banville.
D** s l’effluve azuré qui revêt de mystère La nudité des champs où la faux a passé,
Sur un point du terroir nouvellement hersé,
Un éclat lumineux, un astre solitaire,
Qu’on croit tombé du ciel et qui palpite à terre, Jette de gais rayons dont l’air est traversé.
Tournoyant alentour, un essaim d’alouettes Se berce dans son vol doucement ondulé,
Carie rayon toujours fascine l’être ailé; L’étincelle des flots appelle les mouettes,
Aux flammes de l’art pur s’exaltent les poètes, Et près du flambeau gît le papillon brûlé.
LES CHAMPS ET LA MER
L’alouette n’a pas la raison qui protège Et ne soupçonnant pas le perfide appareil, Croyant naïvement à cet astre vermeil,
Elle chante, et, ravie, elle fond sur le piège ;
Et l’on voit triompher l’oiseleur sacrilège Qui pour tromper l’oiseau s’est servi du soleil.
Courrières, 1874.