‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 15 sur 46 · NOTICE XIII · texte numérisé non relu

NOTICE XIII

habile dans l'art d'aimer. Il l'aima donc autrement qu'il n'avait aimé Amalthée, et il s'exalta jusqu'au lyrisme erotique dans les odes où il représentait le caractère voluptueux de sa nouvelle passion :

Sus doncqiies, Anne, je veux qu'on me baise ! Ma petite Anne, mon bien et mon aise, Asse^ n'est forte ta main jeune et tendre Pour te défendre.

Bouche doucette, bouche coralline.

Trop longue attente ja le cueur me mine : Baise-moi, baise, baise-moi doncq'ores, Encor', encores !

O bouche tant douce! hola! ah! mechente, Tu me mords!... Ce tour point ne me contente. Fais, fais, mignarde, qu'en plaisir je meure Tout à cette heures.

Le poète avait aimé Amalthée en sonnets; il aima en odes sa petite Anne, mais il ne renonça pas sans peine à la première, et, quand plus tard il la rencontra, il se souvint de la célèbre ode d'Horace : Donec gratus eram, pour un retour, probablement éphémère, vers cette belle capricieuse, qui , peut-être dans l'intention de le rattacher à son char, avait accepté les hommages du meilleur ami de son ancien amant. De là cette admirable traduction de l'ode latine, où Buttet se met en scène avec Amalthée, qui jure de vivre et mourir avec lui s'il consent à faire visage de bois à Anne, tandis qu'elle fermera sa porte à Lambert 2.

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