‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 16 sur 48 · NOSTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST · texte numérisé non relu

NOSTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST

REVEILLE-TOI, moH luîh, et chante Des vers au très-grand Dieu des Dieux, D'une corde si bien disante Quelle arreste étonnes les deux.

Quel Apollon m' assaut

D'un nouveau feu plus chaud. ^

Qui me va rechaufant

Vame en si saint émoi?

Dieu supresmc, f ai-moi

Chanter ton doux enfant.

En ce bas désert où nous sommes ■ Le haut Verbe éternel vivant Se vêtit de la chair des hommes, A nos misères s^ asservant ,

Et vint {vangeant le tort

Du serpent) par sa mort

La terre secourir,- Qui, sous l'antique erreur.

S'en alloiî en riiorreur Des abimes périr.

Aux fonds des profondes ténèbres, Le grand soleil se révéla.

Et, rompant les portes funèbres De Pluton, soudain appella,

Du haut ciel eclairci,

La Pitié, et Merci,

Qui Viiomme ont dechainé

Des gouffres infernaux,

Où en éternels maux

Il étoit condanné.

Une Nymphe Galiléenne Dans son flanc heureux le porta.

Et, par puissance non humaine, Mère et vierge elle l'enfanta.

La Nature, en cefet,

Etonnée, se tait,

Et en soi ne comprend

Comment faire se peut

(Quand sa loi ne le veut)

Un miracle si grand.

Tantôt que par céleste grâce Uenfanî du Tout-puissant fut né.

L'ange de Dieu, des deux déplace.

De splendeur tout environné,

Criant aux pâtoreaux :

« Sus, laissés ces toreaux!

Qu'esteS'Vous endormis^

En terre s'est rendu,

Du ciel large étendu,

Le Messie promis.

« EnfanSj n'aies peur! qu'on s'appreste, Debout ! en Bethléem coures !

Sur du foin, dans une grangette, Au maillot vous le trouvères. »

Ainsi leur annonça

L'Esprit, puis s'élança

Par l'air divinement;

Lors les célestes voix

Ont frappé plusieurs fois

Le front du firmament.

Les bergers, en liesse grande, Leurs musettes et challemeaux Font oiiir, et toute la bande Chante et rechante chants nouveaux. Au grand Dieu tout puissant

Louanges vont dressant, Pleins de divine ardeur, Aians oiii des deux En ces terrestres lieux Venir un si grand heur.

La nuit lors, pour estre agréable, Tendit son manteau ételé Jusqu'aux fins du monde habitable.

Où elle a l'enfant révélé.

Le ciel, qui tôt le sceut,

Muet point ne le teut,

Tirant ses mouvemens;

Et tout soudain l'ont veu

L'air, la terre et le feu.

Et tous les élemens.

A coup, une éîoille drillante.

Traçant le ciel oriental, Traine sa cueiie blanchissante, Nonçant ce mystère fatal.

Trois Sages, regardans

Ses beaux cheveux ardans,

La volant avancer,

Dirent que le haut Dieu

Droit rélançoit au lieu,

Pour son Roi annoncer.

-jd LIVRE PREMIER

Joieux de ce divin message, Avec honnorables prescris Le vont voir, d^un humble visage.

Lui offrant or, myrrhe et encens.

Sachans qa^il s'étoitfet, D^éternel Dieu parfet.

En corps semblable à nous.

Chacun d^eux s*abbatit Devant V enfant petit Saintement à genoux.

Or, puisque fus tant admirable, Claire nuit, par tout l'univers, A jamais sois-moi favorable, Inspire-moi des divins vers.

Et toi, le doux confort De mon ennui si fort.

Luth, que je vai pinçant.

Cesse de lamenter.

Et appren à chanter Le los du Tout-puissant.

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