‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 47 sur 48 · FIN DU SECOND LIVRE · texte numérisé non relu

FIN DU SECOND LIVRE

Page 5, titre. Cette ode fut adressée à Henri II, en 1559, au moment où la paix de Cateau-Cambrésis allait être conclue entre lui et Philippe II, roi d'Espagne, après des guerres longues et sanglantes auxquelles la moitié de l'Europe avait pris part.

P. 4, vers 4. La ville de Bouiogne-sur-Mer, qui avait été prise par les Anglais en 1544, fut rendue en ijso, quand la paix se fit avec l'Angleterre. Mais cette restitution coûta 400,000 écusd'orà la France, et, trois ans après, Charles- Quint la détruisit de fond en comble, après un siège de six semaines.

/ — V. 5, L'Ecosse, sous la régence de Marie de Lorraine, veuve de Jacques V, était devenue en quelque sorte feudataire de la couronne de France. L'alliance des deux pays fut resserrée, en 1558, par le mariage du dauphin François avec Marie Stuart, reine d'Ecosse, qui éiait élevée depuis l'âge de six ans à la cour de Henri II.

— V. 6. L'empereur Charles-Quint, qui fut longtemps en guerre avec Henri II, et qui se démit de l'Empire en 1556, après avoir signé une trêve de cinq ans avec Henri II,

— v. 14. En 1 5 5 1 , Mauricp, duc de Saxe, et plusieurs princes allemands, qui accusaient l'Empeieur de violer leurs privilèges, appelèrent à leur secours le roi de France, comme protecteur de la liberté germanique. Henri II, à la tête de son armée, s'avança jusqu aux bords du Rhin, après avoir pris les villes de Metz, de Toul et de Verdun, que les derniers empereurs avaient usurpées sur la France.

— v. i5. En I5Î5, le maréchal de Brissac commandait une armée française en Piémont; il prit les villes de Verceil,

d'Ivrée, de Casai, et remporta des avantages signalés sur le duc d'Albe qui commandait l'armée impériale.

P. 4, V 17. En I < j I , la république de Sienne, menacée par Cosme de Médicis, implora l'assistance de Henri II, qui lui envoya un corps d'armée sous les ordres du maréchal de Thermes; mais, après des succès divers, les Siennois furent contraints de se soumettre aux Florentins, malgré l'appui de la France.

— V. 20. En I n I , l'îie de Corse, opprimée par les Génois, voulait se donner à la France, Henri II y envoya des troupes qui prêtèrent secours aux insulaires pour la défense de leurs libertés.

P. j, V. 4. Le duc de Guise, à qui le roi avait confié le commandement de son armée en IJ57, prit la ville de Calais que les Anglais occupaient depuis près de deux siècles, et les chassa entièrement de la France.

— V. 10 Henri II, à l'exemple de François Ic, avait essayé de fonder des colonies françaises en Amérique. Par ses ordres, Villegagnon. vice-amiral de Bretagne, partit pour le Brésil avec une flotte, en ' n J. et alla s'établir dans une île, à l'embouchure du Rio-Janeiro; mais cet établissement tomba bientôt en décadence et fut aban :onné.

P. 6, V. 4. Par le traité de Cateau-Cambrésis, le roi de France et le roi d'Espagne « se rendirent réciproquement tout ce qu'ils s'étaient pris depuis huit ans ". Ce traité n'était pas à l'avantage de la France qui perdait plus de 1 50 places fortes, pour n'en recouvrer que ^. Aussi, les plus sages et les plus soumis ne purent s'empêcher de murmurer.

P. 7, titre. Catherine de Médicis, femme de Henri II. Cette ode a été faite en IJ59, comme la précédente, après la signature de la paix de Cateau-Cambrésis.

P. 9. Mentor était un fameux ciseleur grec du temps de Péridès.

P, 10, V. 14. Allusion au mariage du dauphin François avec la reine d'Ecosse, en 1558, et à celui de la dauphine Elisabeth avec le roi d'Espagne, en 1559.

P. 12. Cette ode fut composée avant la célébration du mariage, qui devait s'accomplir deux mois après la signature du traité de Cateau Cambrésis, par lequel Henri II accordait au duc de Savoie la main de sa fille unique, « qu'il aime et tient

chère comme sa propre fille », dit le traité, « pour de plus er; plus corroborer et confirmer cette paix ». C'est au milieu des fêtes qui précédèrent ce mariage que le roi fut blessé mortellement dans un tournoi. Les époux n'en furent pas moins unis, sans éclat et sans pompe, dans la chambre même du roi, le 9 juillet, la veille même de sa mort. Vov. ci après VÉpilhalame que Marc-Claude de Buitet avait prépare pour les noces, qui n'eurent pas lieu.

P. 12, V. II. Marguerite de France, duchesse de Berri, sœur unique de Henri II était née à Saint Germain en-Lave le 5 juin M2?. Elle avait la passion des lettres et des sciences, comme son père François I^r. E.le s'adonnait à tous les travaux de l'intelligence; elle excellait dans tous les arts, ce qui Pavait fait surnommer Minerve et Pallas par les savants et les poètes qui l'entouraient. Sa beauié. sa pieté, sa douceur et sa bienveillance lui avaient gagne tous les cœurs. ■. On ne sçauroit jamais tant dire de bien de ceit^ princesse qu'il y en a eu », dit Braniôme C^uand elle eut épouse le duc Emmanuel-Philibert, qu'elle aimait depuis longtemps, eile fit de la cour de Savoie une aut^e cour de France S-i^s sujets l'avaient surnommée la Mère des peuples et la comblaient de bénédictions. Elle resta Française de cœur jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 14 septembre 1574, par suite d'une pleurésie.

P. 14, V. II. Apollon, né à Delos. Le temple qu'il avait dans cette île passait pour une des sept merveilles du monde.

— V. 13. La Fable ne dit pas que le temple de Délos ait été construit par Dédale, qui vivait en Crète sous le règne de Minos.

P. 1 s, V. 14. Androgée, fils de Minos et de Pasiphaé, ayant vaincu tous ses rivaux à la lutte, dans les fêtes des Panathénées, fut assassine par ordre d'Égee, roi de l'Attique.

— V. 17. Pasiphaé. femme de Minos, étant devenue amoureuse d'un taureau, engenara le Minotaure.

P. 16, V. 2. Artiste, feuvre pour fevre, fabricator.

— V. ç. Dédale, pour sortir du labyrinthe de Crète oii Minos l'avait enferme avec son fils Icare, fabriqua des ailes avec des plumes d'oiseau et de la cire. Icare s'etant élevé trop haut dans son vol, la cire fondit au soleil, et il tomba du haut des airs dans la mer.

P. 17, V. 10. La sibylle de Gumes était prêtresse du temple d'Apollon.

P. 18, V. 22. Cette ode offre bien des réminiscences du sixième livre de l'Enéide de Virgile.

P. I9,v.9 Apollon étai nommé Amphrysius, et sa prêtresse Amphrysia, à cause du fleuve Amphiyse, en Thessalie, près duquel le dieu, chassé du ciel, avait gardé les troupeaux d'Admète.

P. 2 1 , V. 17. Dans le traité de Cateau-Cambrésis, il est dit : a Le duc de Savoie supplie le roi de France « trouver bon et avoir agréable que le mariage de très excellente princesse Madame Marguerite de France, sa soeur unique, duchesse de Berry, et de luy, se puisse faire, et l'honorer d'une telle princesse, qu'il désire singulièrement, tant par la proximité du sang dont elle attouche à Sadite Majesté que par les dignes, excellentes et rares vertus qui sont en elle »

P. 23, v. 9. Suivant les termes d'un vieil historien que nous avons cité plus haut (voy. note de la p 6), « les deux rois se rendirent réciproquement ce qu'ils s'estoient pris l'un à l'autre».

— V. 12. Le duc Emmanuel-Philibert, héritier de l'illustre maison de Savoie, que les poètes faisaient descendre d'Hercule. Ce prince, qui fut surnomme Tête de fer, était né le 8 juillet 1 528; il succéda, en i ç ^ î,à son père Charles III. dit le Bon, qui ne lui laissa que trois villes, avec le titre de duc de Savoie et de prince de Piémont, tout le reste de ses Etats ayant été conquis par la France. Le traite de Cateau-Cambrésis les lui rendit. C'était un vaillant capitaine; mais, dit Brantôme, « pour faire ses affaires il estoii peu scrupuleus et fort habile : aussi avoit-il fort paty, ayant este despouillé; et s'il ne fust esté tel, et ne s'en fust faict accroire, par son espée qui luy estoit restée et par sa valeur, il fust demeuré le plus pauvre prince qui fust jamais ». Son mariage avec Marguerite de France lui porta bonheur. Il mourut en 1580.

P. 24, v. 6. Le mariage du dauphin François avec la reine d'Ecosse avait eu lieu en 1558; celui de la dauphine Elisabeth de France avec le roi d'Espagne venait d'être célébré.

— V. 17. L'expulsion des Turcs hors de l'Europe était toujours la pensée dominante de la chrétienté; mais les bons rapports de la cour de France avec la Turquie n'en existaient pas moins, et la politique de François I*^""^ à cet égard, avait continué sous le règne de Henri II.

P. 2î,v. 12. « EnPodeseconde du premier livre, dit l'Auteur au Lecteur (Voy. à la fin de ce recueil), tu trouveras- ce mot

Naroiies^ duquel usoient les anciens Gaulois, qui signifie les Parques, mot qui (encores qu'il ne soit plus dès long tems en usage), toutefois, doit estre t'appelle, tant pour la révérence que nous devons à l'antiquité, que pour la mjjr-sté d'icellui, que je pense estre sorti du grec vdpo et ce ^ioi, signifiant, comme diroit le latin, mulgentes vitam. Je l'ai tiré d'un vieil roman rymé, en ces vers :

Les Naroues ce malencontre

Lui avoient filié, si m'aist Dieux. «

P. 28. Odet deColigny, cardmalde Ch3tillon,né le 10 juillet 1 5 1 î, était fils de Gaspard de Co'igny, maréchal de France, et de Louise de Montmorency, fréie de l'amiral de Coligny et de d'Andelot, chefs des protestants en France; il s'attacha, comme eux et peut-être avant eux, à la reforme de Calvin, mais il dissimula longtemps ses opinions en matière de religion, car François I^"" lui avait donné plusieurs riches abbayes en le nommant archevêque de Toulouse, puis évêque de Beauvais, et le pape Clément VII l'avait crée cardinal en 1 520 II s'était fait le Mécène des gens de lettres, et il fut constamment l'appui des sectateurs de la nouvelle religion. C'est à lui que Rabelais dut plus d'une fois de conserver sa liberté et sa vie Quand il se vit obligé de lever le masque et de se deciarer huguenot, il se réfugia en Angleterre, où il mourut le 14 février i jyi.

— V.2. Margueritede France, sœur unique de Henri II, était déjà la protectrice des gens de lettres à la cour de France avant son mariage avec le duc de Savoie.

P, 29, V. I . Lechœurdes neuf Muses, nommées aussi Castalides, à cause de la fontaine Castalie qui leur était consacrée sur le Parnasse,

— V. 10. Ronsard a exprimé sa reconnaissance dans plusieurs pièces de vers adressées au cardinal de Chastillon. Dans un discours qu'il lui adresse, on remarque ces deux vers prophétiques :

Il faut contre Fortune opposer la vertu.

Et plus avoir bon cueur, tant plus on est battu.

— V. 14. C'est le poème de la Franciade, dont Francus, fils d'Hector, est le héros, et que Ronsard avait commencé, dès cette époque (vers inS), en l'honneur de Henri II. Ce poème n'a jamais été achevé, et les quatre premiers livres seulement parurent en 1 J72 [Paris, Gabr. Buon, in-40), avec ce quatrain nui prouve que, dans la pensée du poète, Charles IX s'intéressait à la poésie plus que Henri II.

5/ le roy Charles eût vécu, J^eusse achevé ce long ouvrage; Si tost que la mort l'eust vaincu, Sa mort me vainquit le courage.

P. 29, V. 17. Pierre Pa'=chal était un franc Gascon, qui se fit une immense réputation de savant, d'historien et de poète, à la cour de France, sans avoir jamais écrit que quelques pages en latin ampoulé. Du Verdier le représente comme « un peu abuseur du monde, qui repaissoit les gens de fumée au lieu de rôt et qui, avec cela, sut tirer de l'épargne douze cens livres de gages par chacun an pour faire VHistoire de France, et pour en donner bonne espérance, semoit de petits billets portant ces mots : P. Paschalii liber quartus rerum a Francis gestarum. » Il conserva ses pensions jusqu'à sa mort, qui eut lieu à Toulouse le 16 février 1 565. Il avait pourtant publie un opuscule : Henrici II E'ogium, effigies et tumulus, imprimé en 1560 et traduit en français par Lancelot de Carie.

P. 30, V. 22. C'est-à-dire les poètes qui, depuis la mort de François Kr, avaient eu lieu de se plaindre de l'indifférence des grands seigneurs. Marc-Claude de Buttet s'en plaint aussi Voy. ci-après l'Auteur au Lecteur), « consiJércint la perversité de nostre siècle (en ceci autant déplorable qu'en plusieurs autres choses) estre si grande qu'après le long travail et continuel étude, mesme des plus excellens, bien souvent pour la recompense, on n'en a que le blasme, la perte, et si de quelquesuns la louange, c'est tout. »

P. 31, titre. Beatrix Pacheco, fille du duc d^Ascalona, grand maître des chevaliers de Saint-Jacques mariée, le 17 septembre 1J39, à Sébastien de Montbel, comte d'Entremonts et de Montbel, seigneur de Montellier : elle eut un fils, mort au berceau, et une fille, Jacqueline de Montbel, qui épousa en 1 56Î, par ordre du roi Charles IX, Claude de Eastarnay, comte du Bouchage et baron d'Anthon, et qui, étant devenue veuve sans enfants, contracta une seconde alliance en i>7i. avec Gaspard de Coligny. seigneur de Châtillon, amiral de France. Voy. VHist. de Bresse et de Bugey, par Sam. Guichenon, p. 171 de la Continuation de la troisième partie de cet ourrage.

P. 33, V. 13. Sémiramis, reine d'Assyrie, qui étendit ses conquêtes jusqu'en Éthiop e.

— V. 20. Cléopâtre, reine d'Egypte, qui se donna la mort

pour ne pas tomber vivante entré les mains d'Auguste, vainqueur d'Antoine à la bataille navale d'Actiiim.

P. 34, V. I. délie, jeune Romaine, donnée en otage à Porsenna, s'échappa des mains de ses gardes et traversa le Tibre à la nage pour retournera Rome.

— V. 12. C'est Éléonor d'Autriche, veuve du roi de Portugal, que François 1er avait épousée en secondes noces, à la suite du traité de Cambrai conclu en IJ29. Après la mort du roi, elle se retira dans les Pays-Bas, auprès de son frère l'empereur Charles-Quint; puis elle repassa en Espagne et mourut à Badajoz, en 1558, âgée de soixante ans.

P. 36, titre. Claude de Miolans, fille de Louis, seigneur de Miolansen Savoie et d'Anjou en Dauphiné, mariée, par contrat du 21 octobre m 26, à Guillaume de Poitiers, comte d'Albon, vicomte d'ÉtoilIe, seigneur de Saint-ValHer, etc.. lieutenant général pour le roi es pays du Dauphiné, érait belle-sœur ai. la célèbre Diane de Poitiers, avec qui elle transigea, le 18 mars 1550, au sujet de la succession de son mari, ce dernier ayant nommé sa sœur Diane tieriticre de tods ses biens. Voy. Hist. générale de la Maison roy. de France., par le P. Anselme, édit. de 1726, t. H, p. 207.

P. 39, V. 6. Marc-Claude de Buttet avait eu le projet, dès son extrême jeunesse (Voy. plus loin l'ode II du second livre), de faire un poème épique à l'instar de la Franciade de Ronsard, sur les origines fabuleuses de la maison de Savoie et sur les exploits romanesques du prince saxon Beral ou Eerol. qui serait, suivant les chroniques, le premier comte de Maurienne. Ce poème devait donc renfermer l'histo re complète du fameux Bèral ,que le fils du poète écrivit depuis en l.itin. (Voy. la Notice en tête de ce volume.) Il s'agit ici, sans doute, de la victoire que Béral, nommé gouverneur du Viennois par Rodolphe, roi de Bourgogne, remporta sur le marquis de Suze, près des bords de l'Isère, à la fin du X^ siècle. Voy. la Chronique de Savoie, par G. Paradin. Lyon, Jean de Tournes, i«6i, in fol., page 48.

— v. 10. Nous ne savons pas à quel épisode de la vie du prince Béral ces vers font allusion. I. est vrai que cette vie est un tissu de fables que les chroniqueurs du XVl« siècle ne se faisaient pas scrupule de répeter et d'amplifier. Ainsi, les premiers dauphins de Vientiois de la maison d'Albon ne paraissent dans l'histoire qu'au milieu du XII*' siècle. Il est possible cependant que le poème de Marc-Claude de Buttet ait

embrassé les règnes de plusieurs comtes de Savoie. On peut, en tout cas, reconnaître ici un des hauts faits de Béral, qui surprit à i'aube du jour le camp du marquis de Suze, et délivra la ville de Gap, assiégée par plusieurs princes coalisés contre le roi de Bourgogne.

P. 40, titre. Né en Iji8, à Chambéry, d'une famille noble qui jouissait d'un crédit considérable à la cour de Savoie, il fut nommé évêque de Nice en 1548, peu de temps avant que son frère, Pierre de Lambert, devînt évéque de Maurienne. Il assistait au concile de Trente et il eut à remplir plusieurs missions diplomatiques auprès de la république de Venise. Il mourut au mois d'août n8?, âgé de soixante-cinq ans. Voy. Gallia Chrisîiand, édit. des Bénédictins, t. II, p. 1292, oii l'on trouve son épitaphe. Marc-Claude de Buttet était lié dés l'enfance avec tous les membres de l'illustre famille de Lambert.

P. 4i,v. i.Les Muses étaient surnommées Thespiades, à cause du culte qu'on leur rendait à Thespies, ville de Béotie, au pied de l'Hélicon.

— v. \S. Thémistode, dans sa jeunesse, dédaignait les arts d'agrément, surtout la poésie et la musique. Dans un festin, on lui présenta une lyre; il avoua sans hésiter qu'il ne savait pas toucher cet instrument, ce qui excita les risées de ses compagnons de table.

P. 42,v. 14. Pour digne, suivant la prononciation du temps.

P. 4î,v. I î- Alexandre, roi de Macédoine, enviait à Achille l'honneur d'être chanté par Homère.

P. 44, titre. Il était de l'ancienne famille de Seyssel. originaire d'Alx, qui a fourni plusieurs hommes illustres à la Savoie, entre autres Jean de Seyssel, seigneur de Barjat et de La Rochette, maréchal de Savoie, lieutenant général de Bresse en 1464; Claude de Seyssel, seigneur d'Aix, aussi maréchal de Savoie; Claude de Seyssel, évéque de Marseille, puis archevêque de Turin, auteur de dtwexs ouvrages historiques, mort en i520, etc. Clément Marot, qui s'était enfui à Turm en 1543, rencontra François d'Eguebellette, qu'il cite au nombre de ses amis dans une épîrre ;la 61^ de l'edit. de Lenglet du Fresnoy, où il énumère les hommes distingués avec lesquels il était lié en Savoie :

Sans oublier aussi Aiguebellette, Qui saute en chat et gravit en belette.

NOTES 19s

P. 4Ç, V. 7. Le dieu de la guerre, Mars, dont le fils Thrax avait donné son nom à la Thrace.

P. 46, titre. C'est la maîtresse poétique qu'il avait choisie et qu'il a célébrée dans les sonnets de l'Amalthée. Voy. la Notice biograph-que.

— V. 7. 0 maire pulchra, filia pulchrior.

HoRAT., Od., lib. I, Carmen 16.

— V. 9. Léda, qui fut aimée par Jupiter métamorphosé en cygne. Cette douce puceile était alors femme de Tyndaie, roi de Sparte.

— V. ij. Il la compare ainsi à la femme de Tyndare; d'où l'on pourrait induire qu'elle était mariée.

P. 47, V. 9. Surnom de Vénus,

— titre. Ce gentilhomme, issu d'une des plus anciennes familles de la Savoie, était le frère de Claude de Lambert et l'ami d'enfance de Marc- Claude de Buttet. Il avait composé des ouvrages qui ne paraissent pas avoir été imprimés. Voy. la Notice en tête de ce volum.e, ainsi que les vers latins que J.-G. de Lambert adresse à son ami au sujet de VAmalthèe. Dans le poème de la Savoye, de Jacques Pelletier (Annecy, J Bertrand, IJ72, in-S), les vers suivants semblent concerner ce personnage plutôt qu'un autre membre de sa famille :

En lieux divers tu as de bons esprits, Dont Maurienne a bien sa part au pris, Tant qu'avec soy un Lambert elle garde, Qui d'oeil veillant dessus elle regarde. Par son sçavoir, sa prudence et bonté, Digne du lieu auquel il est monté.

P. 49, V. 22. Hésiode, qu'on nommait le poète d'Ascra parce qu'il était né dans cette ville de Eéotie.

P. 54, titre. La maison des champs ou le château de la famille de Buttet se trouvait à peu de distance de Chambeiy, sur les bords du lac du Bourget. Voy. la Notice.

P. 55, V. 17. C'est le nom qu'il donne à son valet dans plusieurs sonnets de VAmalthèe.

P. 56, V. II. C'est sans doute Antoine Battandier, à qui Marc-Claude de Buttet adresse l'ode XX du premier livre. Ce Battandier était certainement fils ou frère du savant jurisconsulte Claude Battandier, que Rossotti qualifie ainsi : muUa

(xperienti<e vir, et qui a fait imprimer plusieurs ouvragei de dioit, notamment Tractatio de parentibus, patribus et filiis. (Lugd., 1581, in-80.) Voy. Syllab. script Pedemontii, par A. Rossotto,p. ij8 Jacques Pelletier, dans son poème de /a 5ûvoye, imprimé à Annecy en 1 572, n'a pas oublié ce savant poète :

Et Batendier^ de suffisance égale

En poésie et science légale,

Fait de ses droits Maurienne jouir

Et ses beaux vers par tout le monde ouir.

P. 56, V. n. C'est Claude de Lambert, à qui Marc-Claude de Buttet adresse l'ode XI de son second livre, comme à son meil leur ami, ainsi que plusieurs sonnets de VAmalthée. Un de ces sonnets, qui ne figure que dans l'édition de \SlSi nous apprend que ce gentilhomme n'existait pius à cette époque. Claude de Lambert, frère cadet de Jean Gaspard de Lambert (Voy. ci-dessus l'ode XI du premier livre) était poète comme son ami; il avait fait des vers en 1 honneur de sa maîtresse, nommée Marguerite. (Voy. la Notice en tête de ce volume.) Jacques Pelletier, dans son poème de la Savoye, nous fournit quelques détails sur Claude de Lambert, qui habitait la vallée de Miolan :

Au droit d'Eton, oii T Isère plus forte De l'Arq bruitif l'eau et le nom emporte. Se VQit le mont de l'Arcluse éminenî, Témoin de l'air et du temps imminent, Selon qu'il est emmantclé de nues :

Là sont couteaux de vignes continues.

En Miolan, beau val et fructueus Où est le lieu de Lambert veriueus, Prochain d'honneur, de scavoir et de grâce. Au prénommé Buttet, ainsi comme de race. Dont Piochet, parent d'autre surnom, D'un pas égal va suivant le renom.

André Rossotto qui ne l'a pas omis dans le Syllabus scriptorum Pedemontii Voy p. 16O1 le qualifie de poeta non Ignobilis, et cite de lui un hymne triomphal en vers français (Lyon, 1564^, composé à l'occasion de l'entrée solennelle du duc Emmanuel-Philibert dans la ville de Chambéry,

— V. I ç. Jean de La Balme, seigneur de Ramasse, de Charansonay et de Puisgros en Savoie, fils de Sibued de La Balme, vivait encore en ijyj; il mourut sans enfants, et le duc de Savoie réunit la seigneurie de La Balme à celle de Jasseron.

(Voy. VHist. de Bresse et de Bugey, par Guichenon, page 9$ de la première partie,) Clément Marot le cite avec distinction, dans 1 épître A un sien amy, datée de 1 540.

P. j6,v. M. Philibert Pingon, baron de Cussy, seigneur de Princelle, né à Chambery en 152^, fils de Louis Pingon, fut conseiller référendaire d'Em.manuel Philibert, duc de Savoie; il s'était fait une immense réputation, dans son pays natal, comme poète et comme historien : poeta facundissimo, historiographo gravissimo, lit-on dans son épitaphe rapportée par André Rossotto. Il ne publia que deux ouvrages : Inclytorum Saxoni<£ Sabauditeque principuni Arbor genîilitia (Aug. Taurinorum, 1581, ir.-fol.), et un recueil de mélanges écrits en latin. Sa grande Histoire de Savoie est restée manuscrite. Il mourut à Turin le 18 avril IJ82. C'est donc par erreur que La Croix du Maine a dit dans sa Bibliothèque françoise : « Il florit cette année 1 584. » Voy. Syllabus script. Pedemontii, par And. Rossotto, p. 493 et suiv. Marc-Claude de Buttet lui adresse l'ode sixième de son second livre.

P. 58, V. 19. Fille du fleuve Pénée et de la Terre; Jupiter la changea en laurier pour la soustraire à l'amour d'Apollon.

— V. 20. Nymphe, fille du Soleil et de Néère.

— V. 24. Syrinx, nymphe d'Arcadie, se voyant poursuivie par le dieu Pan, invoqua Jupiter et fut changée eu roseaux, avec lesquels Pan fit ses flûtes.

P. 59, V. 6. Hélène, femme de Ménélas, ayant quitté son mari pour suivre Paris, fut cause de la guerre de Troie.

P. 60, titre. Marguerite de France, sœur de Henri II. Cette pièce paraît antérieure à son mariage avec le duc de Savoie. « Elle eut le cueur grand et haut, dit Brantôme dans ses Dames illustres. Le roy Henry la voulut une fois m.arier à feu M. de Vendosme, premier prince du sang, mais elle fit response qu'elle n'épouseroit jamais le subject du roy son frère. Voilà pourquoy elle demeura si longtemps à prendre party. »

— V. 16. La fontaine Libéthra, en Béotie, était consacrée aux Muses.

P. 61, V. 22. Le pavot.

P. 62, V. 5. C'est-à-dire la marguerite.

P. 6j, V. 8. Brantôme dit qu'elle aimait les savants pardessus toute sorte de gens : « aussi l'honoroient-ils comme leur déesse et pairone. »

P. 65, V. II. Voy. à la fin de ce volume l'avis de l'Auteur au Lecteur et la note qui concerne le surnom de Marguerite de France.

P. 6G, titre C'était un poète, ami de Clément Marot, qui nous le fait connaître dans cette épigramme adressée à trois poètes de Toulouse qu'il convie à dîner :

Demain que sol veut le jour dominer,

Vien, Boissoné, Villars et La Perrière :

Je vous convie avec moy à disner.

Ne rejetiez ma semonce en arrière.

Car, en disnant, Phebus, par la verrière,

.Sans la briser, viendra veoir ses suppostz

Et donnera faveur à noz propoz,

En les faisant dedans voz bousches naistre.

Fy du repas, qui en paix et repos

Ne sçait l'esprit avec le corps repaistre!

— titre. Louis de Buttet, seigneur de Malatrait, originaire de Chambéry. Comme son cousin Marc-Claude de Buttet, il avait pris part à la guerre dont le Piémont fut le théâtre en 1555. Après la paix de Cateau-Cambrésis, il se livra aux lettres et se fit estimer par son érudition, quoiqu'il n'eût rien publié de ses ouvrages qui sont restés manuscrits André Rossotto [Syllab. scriptorum Pedtmontii) cite de lui les Vies de Berold et de Hu'iibert, premiers princes de la maison de Savoie, et une . grande compilation intitulée : Historia Sabaudica in très décades divisa. Louis de Buttet vivait encore en 1600. Voy. la Notice en tête de ce volume.

P. 68, V. 19. Jean de La Palu, comte deVaraxetdeLaRoche, seigneur de Varambon, de Jarnosse et autres lieux, mort au château de Richemont, en Bresse, le 9 janvier iJ44' Dans les lettres d'érection de la seigneurie de Varambon en marquisat, octroyées à Claude de Rye, veuve du comte de Varax, en 1 s 76, Emmanuel-Philibert, duc de Savoie déclare avoir été informé « des grands faits et mérites de l'illustre maison de La Palu en nos pays de Bresse, d'où sont yssus et descendus les anciens comtes de Varax, et que feu nostre îr?s-cher et très-aymé et féal cousin messire Jean de La Palu, dernier comte dudit Varax, auroit volontairement employé durant sa vie sa personne, biens et moyens, pour le soustenement de nostre loyal party, et pendant les guerres souffert avec nous les assauts de fortune passée, la perte de grands et riches meubles, deniers, fruits et revenus de ses biens, pour plusieurs années, desgats et

ruines de ses chasteaux et maisons... » Voy. l'Hist. de Bresse et de Bugey, par Samuel Guichenon, 2^ partie, p. 302, et Preuves, p. 147.

P. 77, titre. Marguerite de Valois, reine de Navarre, sœur de François I^r, était morte, le 2 décembre 1549, au château d'Odos, en Bigorre. Tous les poètes déplorèrent sa mort en vers grecs, latms, italiens et français. Jean Dorât, qui s'intitulait poète royal^ ne fut pas le dernier à demander à sa muse un chant funèbre que Marc-Claude de Buttet ne traduisit en vers français que huit ou neuf ans plus tard. Les vers de Dorât se trouvent dans le recueil publié par Nicolas Denisot sous ce titre : Le Tombeau de Marguerite de Valois, royne de Navarre, faict premièrement en distiques latins par les trois seurs princesses d'Angleterre, depuis traduicts en grec, italien et françois, par plusieurs excellens poètes de la France (Paris, Midiel Fezandat, i $51, in-8.)

— v. I. Le prophète Élie, ravi au ciel dans un char de feu, jeta son manteau à son disciple Elisée, qu'il avait choisi pour successeur.

P. 79, titre, Voy. ci-dessus, p. 195, une note (56, lO qui le concerne.

— 82, titre. Nous croyons que ces initiales signifient: Marguerite de Buttet. Cette Marguerite, dont Claude de Lambert était épris, paraît être une parente du poète. Elle ne fut pas toujours cruelle, si ces deux derniers vers d'un sonnet adressé par le poète à son ami expriment un vœu accompli ;

Ainsi tout seul le sein de Marguerite A tousjours-mais se tienne bienheureux !

D'ailleurs, dans l'ode VI du second livre, Buttet invite Lambert à souper arec sa Marguerite.

P. 84, V. j. La déesse Thétis, sachant que son fils Achille devait périr au siège de Troie, voulut l'empêcher de s'y rendre, et l'envoya, caché sous des habits de femme, à la cour du roi Lycomède.

— titre. Ce jurisconsulte, qui servit d'avocat à Marc-Claude de Buttet, sans accepter d'honoraires, dans un procès important, et qui lui fit gagner sa cause, était parent du savant Philibert Milliet, non moins expert dans la science du droit canonique et civil, évêque de Maurienne, puis archevêque de Turin, auteur de différents ouvrages écrits en latin, notamment d'un éloge de saint Ignace. Voy. Syllab. script. Pedemontii, par A. Rossotto.

P. 85, titre. Il était sans doute frère du poète Nicolas Rapin.

Cette ode nous apprend qu'il avait été chargé d'une mission diplomatique, par le duc de Savoie, auprès de la cour de France, et qu il jouissait de la plus grande faveur auprès du roi Henri II.

P. 89, V. 8. Allusion au poème épique qu'il avait entrepris. Voy. ci-dessus, p. 59, et la note.

— V. M. Pierre de Ponsard, qui s'intitulait Vendomois en tête de ses poésies, tirait son origine de Hongrie par son père Louis de Ronsard, et du Vendomois par sa mère Jeanne de Chaudier, comme le fait remarquer La Monnoye dans une note sur l'article de la Bibliothèque française de La Croix du Maine. Ce dernier veut que Ronsard fût Mançois ou Manceau, puisqu'il était né au château de La Poissonnière, piès Montoire au Maine, laquelle terre m est située, dit-il, au bas Vendomois, qui est du spirituel du Maine et du temporel de Chartres, et par conséquent il est Mançois, ou né au pays et comté du Maine; ce que je dis expressément, de peur qu'il n'en advienne dispute entre les nations qui se le voudront attribuer et vendiquer comme leur nourrisson, sans certitude de sa vraie patrie et lieu de son origine et naissance : pour laquelle chose l'on a vu sept bien fameuses villes disputer d'Homère el débattre son pays, tant il y avoit d'honneur à qui pourroit se vanter de l'avoir engendré ».

P. 90,v. 3. Voy. ci-après, le 77^ sonnet de 1*^4 m^/f/zée, composé sur la mort de Joachim du Bellay. Buttet, en nous montrant ici que la lyre de ce grand poète est suspendue à un bel olivier^ fait allusion au recueil de sonnets amoureux publiés sous le titre de VOlive, qui était le nom ou plutôt le pseudonyme de sa maîtresse.

— v. 5. Sapho de Lesbos, qui inventa le vers saphique, que Buttet essaya d'introduire dans la poésie française.

P. 99, V. 18. Allusion aux talismans, aux breuvages et aux opérations magiques, qu'on employait alors pour donner de l'amour ou pour en guérir.

P. 100, titre. Charles, IIP du nom, neuvième duc de Savoie, fils de Philippe VII et de Claudine de Brosse, était né en i486. Il succéda, en 1^06, à son fiêre Philippe le Beau, mort sans enfants. « Ce prince, surnommé le Bon, fut le plus infortuné de sa maison, dit Samuel Guichenon dans VHist. de Bresse et de Bugey, soit qu'il y ait eu du manquement à sa conduite ou de la fatalité en ses Estats, » car, malgré son caractère paci-^

fique et son désir de rester en bonne intelligence avec ses voisins, il se vit forcé de soutenir une longue guerre contre François V et Henri II, qui lui enlevèrent la plus grande partie de ses Etats; il n'avait plus que trois villes, Nice, Aost et Verceil, lorsqu'il mourut de chagrin le 15 septembre ij$3» ^n laissant un fils, Emmanuel-Philibert, que le traité de Cateau-Cambrésis remit en possession de tout le territoire que son père avait possédé.

P. loi, V. 20. Cette strophe prouve que Marc-Ciaude de Buttet avait commence, avant l'année ijn. le poème épique sur Berol et les premiers ducs de Savoie , auquel il paraît avoir consacreplusieurs années de travail. Voy. ci-dessus, p. 56, et la note.

P. 10?, V. I. a Les Allobroges furent originaires et indigènes des Gaules, ayans pris leur nom de Allobros, filz de lasius, du sang herculien, qui fut un du nombre des neuf rois qui successivement régnèrent en Gaule jusques à la destruction de Troye la grand'. » Chronique de Savoye, par Guill. Paradin (Lyon, J. de Tournes, i J6i, in-fol.;, p. 1 et 2.

— v. 3. Suivant le Chronique, Berol ou Berold était un des trois fils de Hugues, duc de Saxonie, frère de l'empereur Othon III.

P. 104, V. 13 Apollon, qui avait un temple célèbre à Patare, ville maritime de la Lycie.

— V. 14. Ce passage semble prouver que Buttet avait fait son droit et suivi le barreau dans sa jeunesse, sans doute à Grenoble. Ce fut là sans doute qu'il se trouva en rapport avec le président Truchon, qui le prit en amitié.

P. 106, v 13. Vénus, à qui l'île de Chypre était consacrée, parce que la déesse y avait pris naissance.

— V. 17. Apollon était adoré à Claros,

P. 107, V. 7. Le Tanaïs, aujourd'hui le Don, était un fleuve de la Scythie, qui passait pour la contrée la plus sauvage du monde.

P. !o8, v. 14. La chaste Pénélope, femm.e d'Ulysse, roi d'Ithaque, était fille d'Icarius, frère de Tyndare, roi de Sparte. Buttet coniond ici cet Icarius avec Icare, fils de Dédale, qui se noya dans la mer Méditerranée ou Tyrrhénienne.

P. 109 V. 2. Chez les plus riches seigneurs, il y avait encore des chambres nattées, c'est-à-dire garnies de nattes ou tapis de paille tressée, qui servaient à intercepter le vent et le froid.

Clament Marot, dans une de ses épîtres, représente « les prélats en chambres bien nattées ». C'est une réminiscence de ces vers de François Villon :

Sur mol duvet assis, ung gros chanoine. Lez un brasier j en chambre nattée. .

P. !09, titre. Voy. ci-dessus, p. 56, et la note relative à ce personnage.

— V. 12. C'est sans doute le nom d'une montagne de ta Savoie, aux environs de Chambéry, où demeurait Philibeit de Pingon.

P. II.', v. 2. C'est le nom qu'il donne à son valet.

— V. 3. Claude de Lambert, son ami.

— V.6 C'est sans doute Louis Millier, à qui le poète adresse l'ode XXIII du premier livre.

P. IÎ2, titre. Cette pièce est évidemment de l'année 1518. quoique la ville de Boulogne, cédée à la France par l'Angleti-ire en ijso» n'ait pas eu de siège à soutenir pendant la campagne de 1558, si glorieuse pour la France et couronnée par la prise de Calais. Apiés ce beau fait d'armes, Henii II quitta son armée et revint à Paris pour le mariage du dauphin François avec la reine d'Ecosse (24 avril). La relation de son triumphal retour du camp de Boulogne n'existe pas dans le Célémonial fiançais ; mais nous avons le Recueil des inscriptions, mascarades ei devises ordonnées en l'Hostel de ville de Paris eu M '>^ (devant le roi Henii II, à son retour de la comté d'Oye, Heureusement conquesiée), fait par Estienne Jodelle (Paris, W'echel, 1518, in-40).

P. 113, V. 21. C'est Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, qui était devenu roi de Navarre et prince de Eéain.du chef de sa femme Jeanne d'Albret, qu'ilavait épousée en i s^S, sans toutefois recouvrer le royaume de Navarre, que Charles Quint avait réuni à la couronne d"Espagne. « Il estoit très-bien né, brave et vaillant, » dit Braniôine. Il fut tué au siège de Rouen, en 1562, à l'âge de quarante-quatre ans,

P. 114 V. 3. François de Lorraine, duc de Guise et princede Jolnvilie, grand chambellan et grand veneur de France, lieutenant gênerai des aimées du roi, chef du parti catholique, fut assassiné par Poltiot devant Orléans, en 1563. à l'âge de quaranie-tinq ans C'était lui qui commandait réellement l'armée française,* sous les yeux de Henri II, pendant la campagne d<^

1^8 où il se distingua par plusieurs chefs-d'œuvre de guerre, suivant l'expression de Brantôme, et notamment par la prise de Calais et de Guines. Voy. ci-après l'ode qui lui est adressée.

P. 1 1 4, V. î . Claude de Lorraine, duc d' Aumnie, troisième fils de Claude de Lorraine et frère du grand duc de Guise, fut colonel général de la cavalerie française et périt au siège de La Rochelle, en 1573, 3 l'âge de quarante-sept ans. « lia esté un bon capitaine, dit Brantôme, mais pourtant le tenoit-on malheureux »

— V. 7. Le connétable de France, Anne de Montmorency, était âge de soixante-cinq ans, à cette époque; il périt, en 1567, à la bataille de Saint-Denis.

— V. II. Jacques de Savoie, duc de Nemours né en ini et mort en 158^, fut un des plus braves capitaines de son temps : « Qui n'a veu M. de Nemours en ses années guaies, dit Brantôme, il n'a rien veu; et qui l'a veu, le peui baptiser, par tout le monde, la fleur de toute chevalerie » Il était cousin du duc de Savoie et resta toujours attaché au service de la France.

P. 118, v. 7. Adonis.

— V. II. Ce fut sur le mont Latmos que Diane trouva endormi le berger Endym on, dont elle devint éprise.

P. 119, titre. Le duc de Savoie, qui commandait l'armée espagnole des Pays-Bas, vint mettre le siège devant Saint-Quentin à la fin de juillet H $7:» et pfit d'assaut cette vil'e, après avoir gagné la bataille de Samt Laurent ou plutCt de Saint-Quentin. Mais le duc de Guise, que le roi avait rappelé d'Italie pour le mettre à la tête de l'armée française, porta !a guerre dans le comté d'Oye, ou Calaisis, avec une vigueur et un bonheur remarquables. Il s'empara successivement des villes de Calais, de Gumes et de Thionville. du i^r janvier au 22 juin ijjS : on peut dire qu'il sauva la France et la couronne. Voy. VHistûire de France, par Henri Martin, 4e edit.,t. VIII, p. 4)2-468.

P. 120, V. 20. L'empereur Charles-Quint, malade et fatigué du pouvoir, avait abdiqué en faveur de son fils Philippe II, pour se retirer, au mois de février, dans le monastère de Saint- Just, en Espagne, où il resta jusqu'à sa mort.

P. 121, V. 10. JeandeBouibon, ducd'Enghien,frèred'Antoine de Bourbon, roi de Navarre, fut tué à la bataille de Saint- Quentin, le 10 août 1557.

P. 1 2 !, V. 1 7 Henri II avait envoyé le duc de Guise en Italie, à la fin de décembre Mj6, pour prêter assistance au pape centrale vice- roi de Naples, mais il lui écrivit de revenir en toute hâte, après la prise de Saint-Quentin,

P. 122, titre. Cette pièce, composéeavant le traité de Cateau- Cambrésis, que désapprouvaient hautement les partisans des Guise, avait ete peut-être commandée au poète, soit par le connétable de Montmorency, auquel on attribuait la volonté de conclure la paix à tout prix, soit par le duc de Savoie, le premier intéressé à la conclusion de cette paix, qui lui restituait ses Etats et lui faisait obtenir la main de Marguerite, soit par cette princesse elle-même, qui, pour s'allier à Emmanuel-Philibert qu'elle aiiriait depuis vingt ans, avait sacrifie les intérêts de son frère et de la France, en forçant Henri II à souscrire aux conditions d'un traité aussi désavantageux. En tous cas, cette pièce parut avec un privilège daté de issî^, c'est-à dire antérieur aux conférences de Cateau-Cambrésis, qui ne s'ouvrirent qu'à la fin de janvier MJ9; elle était intitulée d'abord : Ode à la paix, par M. C. de B. (Paris, Gabriel Buon, i ^ 59, in-40].

P. 124, V. 9. Les Françaisavaientreprisl'offensiveen Flandre, depuis la prise'de Calais, mais Philippe II, s'etant mis luimême à la tète de son armée qu'il augmentait tous les jours, s'avança en Picardie jusqu'à la rivière d'Authie, tandis que l'armée française venait à sa rencontre jusqu'à la Somme, audessus d'Amiens. Les deux armées restèrent à huit lieues l'une de l'autre sans en venir aux mains. Une trêve de deux mois, conclue à la fin d'octobre, fut le prélude de la paix.

P. I2Î, V. 20. Le mariage de Philippe II avec Elisabeth de France et celui de Marguerite de France avec le duc de Savoie étaient les gages de la paix de Cateau-Cambrésis.

P. 128, V 12. On voit ici que les bases de la paix avaient été fixées d'avance, et que la restitution réciproque des places et du territoire conquis pendant la guerre était à peu près convenue, antérieurement aux conférences de Cateau-Cambrésis.

P. 131, V. 9. C'est à-dire un voile de gaze de Turquie.

P^. 13?, titre. Voy. ci-dessus, p. 196, la note 56, 13) qui le concerne, et ci-après le sonnet qui lui est adressé. Voy. aussi la Notice biographique.

P. 136, V. 10. Les Danaïdes, qui assassinèrent leurs maris la nuit de leurs noces, avaient été surnommées Bélides, parce qu'elles étaient les petites-filles de Bélus.

P. 1 37, V. 2. Le poète raconte à sa manière la fable du beau Narcisse, fils de Céphise et de la nymphe Liriope, lequel devint amoureux de son image, qu'il avait vue dans l'eau d'une fontaine, et fut changé en une fleur qui prit son nom.

P. 140, titre. Voy. ci-dessus, p. 200, une note (89, i5) qui le concerne, et ci-après un sonnet qui lui est adressé.

P. 144, titre. Au milieu des fêtes qui suivirent le mariage d'Elisabeth, fille aînée du roi, avec Philippe II, roi d'Espagne, Henri II, ayant pris part aux joutes qui commençaient dans le préau de l'hôtel des Tournelles (sur l'emplacement de la place Royale), en présence de toute la cour, fut blessé d'un coup de lance par son adversaire, le comte de Montgomery. Le fer de la lance avait brisé la visière du casque et pénétré dans la tête. Le roi mourut, après onze jours de souffrance, le 10 juillet 15Î9.

P. 146, V. ij. Philippe II, roi d'Espagne, qui venait dé'pouser Elisabeth de France (le 21 juin 15^9).

P. 148, v. î. Le mariage du duc de Savoie avec Marguerite de France devait être célébré avec la même pompe que celui d'Elisabeth de France avec Philippe II, mais le tragique accident qui avait mis en péril la vie de Henii (car on ne croyait pas d'abord que la blessure fût mortelle), fit interrompre toutes les fêtes, et le mariage d'Emmanuel-Philibert eut lieu, sans aucune cérémonie, le 9 juillet, veille de la mort du roi,

P. 149, v. 2. Le dauphin François succédait à son père, sous le nom de François II; il était à peine âgé de seize ans et mourut le 5 décembre 1560.

— titre. L'abbé Papillon, dans sa Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, p. 354 de la première partie, cite un Jean Juliot, de Dijon, auteur d'un ouvrage intitulé : Nova orbis Descriptio, dont le manuscrit se trouvait dans la bibliothèque de Baiuze.

P. 152, titre. Cette pièce a été composée certainement vers I n 5 » puisqu'il y est question du siège de Sienne, qui se termina au mois d'avrifde cette année-là. Le président Truchon avait pris sous sa protection le jeune poète, qui lui adressa ce remerciement en vers. Voy. la Notice biographique.

P. 1 53, v. 14. L'histoire du mémorable siège de Metz et de la prise de cette ville par le connétable Anne de Montmorency, en 15^2, a été écrite en latin, en italien, en allemand et en français. La relation la plus connue est celle de Bertrand de Salignac, qui avait pris part aux opérations du siège.

P. ijj. V. 14- Il s'agit ici de la belle défense de Sienne par Biaise de Montluc,qui s'était enfermé dans cette ville avec une garnison française et qui s'y maintint pendant un siège de dix mois. Il ne capitula qu'à la dernière extrémité, le 22 avril 155$.

— V. 22. Surnom des Muses, à cause de la fontaine de Pimpla,qui leur était consacrée sur cette montagne de Macédoine.

P. )<6,v. 9. L'eau de la fontaine d'Hippocrène, que le cheval Pégase fit jaillir, en frappant du pied la terre, près de l'Helicon, montagne de Béotie.

— V. 14. Clément Marot, dans son épître A un sien amy\ composée à Turin en M4?5 cite Marcossé, visage d'Akmant, parmi les Savoisiens lettres qui lui avaient fait accueil Ce Marcossé était sans doute le père de la gracieuse personne que Buîtet admire ici.

— V 17. C'est probablement Françoise Melchionne de Maillans, fille de Claude de Maillans, docteur es droits, juge de Bugey, mort en i ^50, qui avait épousé Françoise de Lambert, laquelle lui survécut jusqu'en 1582. Cette noble damoiselle épousa, en secondes noces, Guillaume de Firer, conseiller d'Etal du duc Emmanuel-Philibert et juge-mage de Savoie.

— v. 22. L'ode XIII du premier livre est adressée à Madeleine La Gorge.

P. 158, v, 1. Nous ne voyons pas que ce Mordentière ait rien publié sur le Timée de Platon. La première traduction française de ce traité est celle de Louis Le Roy, qui la fit paraître en

— V. 5. La Croi.K du Maine a consacré un article de sa Bibliothèque française à frère Jean de Monchastre, natif du pays du Maine, docteur en théologie, prieur du couvent des Jacobins de Paris, « grand théologien et fort éloquent orateur », qui mourut de la peste à Paris, en i jSj, âgé de quarante ans. Ce n'est pas là le joueur de flûte que Marc-Claude de Buttet met en scène ici, mais cest sans doute son parent.

— V. 4. Il ne faut pas chercher sous ce nom un des contemporains célèbres de notre poète; ce Guillaume n'est autre que le laquais qui a tiré la bouteille du fond du puits, avant d'emporter le volume de Platon où Mordentière lisait son Timée.

P. 165, v. 3. Pour soefve, suave.

P. 166, titre. Imitation d'une ode du livre V d'Horace.

P. 170, titre. Il était fils de Pierre du Val, seigneur de Sters,

et de Louise de Becdelièvre, docteur en théologie et chanoine de Rouen, avant d'être nommé évêque de Séez, en IHS. Il mourut au château de Vincennes, en 1564. Il avait publié, en 15^8, un traité De potentia, sapientia et bonitate Dei. Voy. le Catlia Christiana^ édit. des Benéd., t. XI, p. 703.

P. 170, V. 2. Apollon.

— V. 3. Pan, qui était adoré à Tégée, en Arcadie.

P. 171, titre. Imitation de l'ode à.'Wo\act;Donec gratus eram.

— V. 12. Pierre de Ronsard avait célébré ses amours sous le nom de Cassandre; Joachim du Bellay, sous celui d'Olive.

P. 172, V. s. Claude de Lambert, l'ami de Buitet. Voy. la Notice, et ci-dessus, p. 175, et la note (56, 13).

P. 178, V. ! 6. Céphale, accablé par la chaleur du jour, appelait le zéphyr, en disant :>lur^ veni! Sa femme Procris, cachée dans le feuillage , fit un mouvement , pour voir quelle était cette Aura : le chasseur crut qu'une béte fauve s'approchait de lui et lança un trait qui tua Procris.

P. 181, v. 18. La guerre de Troie et la ruine de cette ville furent la suite du jugement de Paris, qui avait offensé Junon et Minerve en donnant la pomme à Vénus.

— v. 19. Surnom de Bacchus, tiré du cri que poussaient les bacchantes.

— V. 21. Aux noces de Pirithoûs et d'Hippodamie, fille d'Adraste, roi d'Argos, les Centaures en vinrent aux mains avec les Lapithes, et l'un d'eux, Eurytus, voulut faire violence à Hippodamie.

P. 182, v. 18. Les Muses étaient surnommées Thespiades, à cause de la ville de Thespies, sur l'Hélicon.

P. 183. v. 17. Phaéton, fils du Soleil, ayant voulu conduire le char de son père dans les cieux, allait mettre l'univers en cendres, lorsque Jupiter le renversa d'un coup de foudre dans l'Éridan. Ses sœurs, les Héliades, se montrèrent si inconsolables que Jupiter eut pitié d'elles et les changea en peupliers.

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