Oeuvres poétiques de V. Campenon
La littérature de T Empire est en complète défaveur auprès des critiques de nos jours. Il semble, a les entendre, que toute la gloire de cette époque se renferme dans les camps et se résume en un seul homme. A peine deux ou trois noms dans les lettres et dans les arts trouvent grâce devant eux. Nous sommes loin de partager cet injuste dédain. Si la poésie, effrayée du choc incessant des armes, ne leva qu'un front modeste et ne fit entendre qu'une voix timide , si elle n'osa pas se jeter dans les innovations de formes et dans les hardiesses de conception, c'est qu'alors la témérité n'était permise que sur les champs de bataille.
Parmi les écrivains dont l'ère impériale doit s'honorer, nous n'hésitons point a placer le l»oète aimable dont nous allons essayer, en peu
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(le mois , (le racoiUer la vie et d'apprécier les ouvrages. (îe n'est point nn complaisant hommage que vient rendre a sa mémoire une main que pressa tant de fois la sienne ; c'est un devoir consciencieux que nous venons remplir : il est des hommes sur lesquels l'amitié la plus dévouée ne craint jamais de dire toute la vérité.
Né a la Guadeloupe en 1772, Vincent Campenon vint en France a l'âge de quatre ou cinq ans, et il en avait quatorze lorsque sa famille s'établit a Sens, où son père avait obtenu la place d'entreposeur des tabacs. Il entra au collège de celte ville et y fit d'excellentes études, qu'attestèrent de brillants succès. Il lui arriva, en rhétorique, dans un concours, de faire, après sa composition , celle dun ami paresseux qui remporta le -premier prix, tandis que lui n'obtint que le seccnii.
La beauté de ses traits , la finesse de son esprit, la distinction de ses manières et la solidité de son instruction le firent remarquer dès son entrée dans le monde , et son talent dans l'art de lire , art si négligé de nos jours, détermina en quelque sorte sa vocation littéraiie. Le beau livre de Paul et Virginie venait de paraître. Il en fit plusieurs lectures , et les
ET SES OUVRAGES. iir
larmes qu'on répandait en Técoutant prouvaient que le leclenr était digne de Técrivain. Dans son admiration pour ce livre , il composa une romance intitulée : Paul au tombeau de. Virginie ', et renvoya a Bernardin de Saint-Pierre.
' Voici cette romance que nous avons supprimée dans cette édition, ainsi que d'autres poésies légères et vers de société qui nous ont paru sans importance. Nous la donnons ici parce qu'elle se rattaclie à la vie même de ^^. Campenon.