‹ Œuvres poétiquesChapitre 114 sur 145 · III. - A M · texte numérisé non relu

III. - A M

Monsieur,

Puisque vous désirez que la cour soit à Paris, j'espère que bientôt vous aurez ce contentement. J'ai vu cette après-dînée une lettre de Mme la princesse de Gonti à madame sa mère, où elle leur mande qu'au quinzième de ce mois Leurs Majestés seront bien près de Paris, si elles n'y sont arrivées. Nous aurons à cette heure-là force nouvelles, et vous en aurez votre part. Jusque-là ne me demandez que ce que savent les crocheteurs. Le mariage de Monseigneur et de Mlle de Montpensier fut arrêté il y a aujourd'hui huit jours. Je crois qu'à cette heure l'affaire est faite. Toute la cour est pleine de joies; mais elles ne sont' pas toutes d'une mesure. Je crois qu'après celle de la mariée, qui sans doute est incomparable, il n'y en a point de plus grande que celle de la reine mère. Cette princesse est si bonne, que les vœux de tous les gens de bien sont que sa postérité soit en la race de nos rois tant que la France sera France, c'est-àdire jusqu'à la fin du monde. Je sais bien que nous en aurons du côté du roi. Car à quel propos nous imaginerions- nous une stérilité en un roi et une reine tous deux en la fleur de leur âge, bien faits, bien composés, qui s'aiment avec passion, et qui, puisque rien ne se fait sans la bénédiction de Dieu, doivent pour leur piété se la promettre autant que princes qui jamais aient porté cette couronne? La prudence humaine y a joué son personnage ; c'est aux bons destins de la France à faire le demeurant. Je prends pour bon augure que Monseigneur ait fait faire sa demande par M. le président le Coigneux, son chancelier. Le mot me plaît, et me fait espérer que l'on y travaillera comme il faut. Cette nouvelle est asset bonne pour tenir lieu d'une douzaine.

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