‹ Œuvres poétiquesChapitre 126 sur 145 · MA LU · texte numérisé non relu

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qui doivent tonner sur les injustices en faire eux-mêmes de si remarquables, pensez, je vous prie, ce que doit espérer celui qui est exposé au jugement des ignorants, dont, grâce à Dieu, nous avons ici un nombre.

Je suis marri que je n'en puis avoir meilleure opinion. Mais leur voyant tous les jours faire cas deje ne sais quels écrits qui, devant les jurés du métier, ne passent que pour des pois piles de l'hôtel de Bourgogne, je ne crois pas qu'il y ait choce ni si mauvaise qui ne leur puisse plaire, ni si bonne dont ils n'osent faire les dégoûtés. C'est trop demeurer sur un si maigre sujet; il en faut sortir, et répondre à ce que vous médites de notre ami1. Vous l'obligez de le défendre, il en a bon besoin. Du côté des bergeries, son cas va le mieux du monde; mais certes, pour ce qui est des bergères, il ne sauroit aller pis. Cette affaire veut une sorte de soins dont sa nonchalance n'est pas capable. S'il attaque une place, il y va d'une façon qui fait croire que s'il l'avoit prise il en seroit bien empêché ; et s'il la prend, il la garde si peu, qu'il faut croire qu'une femme a été bien surprise quand elle a rompu son jeûne pour un si misérable morceau. Vous dites que vous lui ressemblez; mais à qui le persuaderezvous?

Peut-être à quelque juif, mais non pas à Malherbe.

Vous n'êtes pas, à mon avis, si rude jouteur que cet assommeur de monstres qui, en une nuit, vit les cinquante filles de son hôte, mais à beaucoup moins que cela, on ne laisse pas de passer pour bon compagnon. Vous ferez le discret tant qu'il vous plaira : le mot qui vous est échappé, que les femmes sont la plus belle moitié du monde, n'est pas d'un homme qui n'ait que faire d'elles. Je vois bien ce que c'est : vous voulez assurer les maris, afin que, n'ayant point de soupçon de vous, ils vous laissent faire vos recherches en toute liberté. Cela s'ap-

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