‹ Œuvres poétiquesChapitre 53 sur 145 · III · texte numérisé non relu

III

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Ont-ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière

Que cette majesté si pompeuse et si fière

Dont l'éclat orgueilleux étonne l'univers;

Et dans ces grands tombeaux, où leurs âmes hautaines

Font encore les vaines,

Ils sont mangés des vers.

Là se perdent ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre; Comme ils n'ont plus de sceptre, ils n'ont plus de flatteur; Et tombent avec eux d'une chute commune

Tous ceux que leur fortune

Faisoit leurs serviteurs.

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Aujourd'hui c'en est fait, elle est toute guérie, Et les soleils d'avril peignant une prairie, En leurs tapis de fleurs n'ont jamais égalé Son teint renouvelé.

Je ne la vis jamais si fraîche, ni si belle ; Jamais de si bon cœur je ne brûlai pour elle ; Et ne pense jamais avoir tant de raison De bénir ma prison.

Dieux, dont la providence et les mains souveraines, Terminant sa langueur, ont mis fin à mes peines, Vous saurois-je payer avec assez d'encens L'aise que je ressens?

Après une faveur si visible et si grande, Je n'ai plus à vous faire aucune autre demande; Vous m'avez tout donné, redonnant à mes yeux Ce chef-d'œuvre des cieux.

Certes, vous êtes bons, et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, Quand des cœurs bien touchés vous demandent secours, Ils l'obtiennent toujours.

Continuez, grands Dieux, et ne faites pas dire, Ou que rien ici-bas ne connoît votre empire,

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