‹ Œuvres poétiquesChapitre 39 sur 54 · SUR UN DISQUE D'ARGENT · texte numérisé non relu

SUR UN DISQUE D'ARGENT

SuB ce métal circulaire et flexible Qael doux burin a répandu ces eaux?

Quel art divin , de cette onde paisible Si mollement sut agiter les flots ?

Quel est le nom de Tartiste sublime > Dont le génie éievé vers les cieux»

Sur cette mer qu'un frais zéphyr anime , Grava Vénus^ reine e( mère des Dieux?

De son beau corps les formes élégantes.

Sans aucun voile , y ravissent les yeux :

Ce qui doit fuir les regards curieux Est recouvert des ondes transparentes.

Ainsi qu'on voit» dans le calme des mers»

!i44 0DB8 lyANACRÉON.

Voguer sur Feaa la mousse blandiissaiite^ La Déitéy dans sa coufse iodolente , Erre , au hasard , au sein des flots amers « Et fait rider la vague caressante.

L*eaa ^ de son mb déroba ks appas » Et de son ool les contours délicats S'élèvent seuls sur ces ondes discrètes :

Cypris^ nageant dans leur sOlon d'azur , A. cet éelat dont lelis Uanc et pur Brille au milieu des sombres violettes.

I^lus loin, porté sur de légers dauphins , Va se jouant autour de la Déesse Un chœur joyeux d'Amours vi£i et mal^ , De ces Amours dont la cruelle adresse Sait renverser les roses des humains.

Et sans pitié se rit de leur foiblesse.

On voit ausii de Thumide élément Le peuple agile , ému par sa présence , Pour égayer son voyage charmant , ITager près d'elle et bondir en cademe.

ODESJD'Ar^ÂCaÉOJN. 245

L£S VENDAJSGËS.

Ll K cep n est plus parc de ses grappes TermeUles : Jaonas beftulés » jeoiM garçoni »

Pilant Mas le poids d^s corbeiliAs 9 Jettent dans k pressoir leurs brillantes moissons. De Tarbre de Bacchus la éépoiiUle «nutts^ ,

Par les garçons aetda est pressée \ Le vin coule à l'instant ; sous un pied vigoureux Sa prison est brisée 9 et du Dieu des vendanges^ Dans un chant rustique et joyeox , La troupe agOe entonne les louangest A ses regards cliariués et curieux^ De la cuve jaillit la liqueur écnmante : Douce liqueur! à peine de ses feux

^46 ODES D'ANACRÉON

Le vieillard a senti la chaleur bienfaisante >

Qn'on le voit, d'un jeune homme ^ronvant les tranqiorti

Malgré ses cheyeux blancs , se mêler à la danse ;

Et, d^unpied qui chancelle et trompe ses efforts^

Essayer , en riant ^^de marquer la cadence.

Le jeune yenduigeur qa*animent à la fois

L'ivresse de Bacchus et celle de son âge.

S'il a surpris , dans lëpaisseur da bois ,

Quelque belle étendue et dormant sous l'ombvagc ^

De l'hymen aussitôt veut devancer les droits ,

£t d'un furtif amour faire agréer Thommage.

Si la vierge , pudique et rebelle à ses vœux.

Refuse d'écouter sa lascive tendresse ,

La saisissant d un bras nerveux ,

De sa ceinture alors il déchire les nœuds :

Car Bacchus au désordre excite la jeunesse , Et voit avec plaisir Tamant audacieux.

ODES D AWACREON

ÉLOG£ D£ LA ROSE.

Dx8 fleurs je chante la plus bell^, La rose» trésor du printemps :

Thaïs ^ à ma ckansun nouvelle Viens mêler tes aimables chant^ Des humains la foule charmée Admire ce don précieux \ Et la pure haleine des Dieux De ses parfums est embaumée.

Dans la saison chère aux Amours »

Des Grâces la troupe riatite , Pour en composer ses atour^s , Va cueillir la rose naissante ;

s48 ODES D ANACRÉON.

Vénus 9 empruntant ses couleurs , En paroit encor plus charmante ;

La rose est chère aux doctes Sœurs , Et le pocte heureux la chante.

Dans le buisson ^ pour la saisir , La main glisse et brave Tépine :

Qui! est doux alors de cueilUr De TAmour la fleur purpurine , Et f dans un ravissant loisir , D'en savourer Todeur divine !

Des festins la rose est Thonneur ^ Et dans^ces jours où le buveur Livre k Bacchus son àme entière , Pour lui moins douce est la*lumicrc Que ne lest cette aimable fleur. Sans la rose que peut-on faire?

Des sages qu*Apollon préfère , Lisez les vers harmonieux :

Elle teint les doigts de l'Aorore j Des Nymphes le bras gracieux

ODES DANACKÉON.

Lui doit Viçht qui U décore ; Et des plus tendras de sas fcm Vénus eatière s^ çolore« Dans nos mmn s^ vertu souvent Fut utile w Dieu d'Épîd^iire; £t ses guirlandes sojgtt ÇKCOfO Des morts le derxûçr orpçmcpt Bien que le Tmps lui fasse outrage , La rose orm «ncar lo t>Qqagc^ Et jusqu'à son deroiar womeiit

A les parfums sou jeuijç âge.

Me faut-il raconter coniment La terre fit ce bel ouvrage ?

Alors que , glissant sur les flots , Sortit du sein de Fonde émue La belle reine de Paphos , Gjpris, rougissant d'être nue ^ Quand, du cerveau du roi des cieu* , Terrible *et respirant la guerre , S élança la déesse altièrc

ODES D ANACRËOK.

Dont l'aqpect fit trembler les Dieux:

Cybèle ^ à ce double prodige > M'opposa, pçur charmer les yeux , Qu*uii bouton et sa jeune tige.

L*01y]npe , en le voyant , sourit.

Et sur la plante répandit Du nectar la douce rosée ^ Des parftnns du ciel arrosée, La fleur Termeille s'entr'ouvrit :

Soudain , fraîche et majestueuse > Parut sur la branche épineuse La rose que Bacchns chérît.

ODES D ANACBjÉON. aSc LU.

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