TRESORIERS DE L'EPARGNE
I^ay senty du destin l'ennemie arrogance Décocher contre moy tant de traits douloureux : Et d'ailleurs, tant d'efïects d'vn esprit généreux M'ont peint vostre amitié dedans la souuenance. ^jh
Que si ie voy sans fruit périr mon espérance J
le n'en accuseray que le sort rigoureux : Si mon esprit rencontre vn succez plus heureux, le n'en sçauray nul gré qu'à vostre bien-veuillance.
qu'ils ont été faits ou donnés » , celui dont il s'agit doit être un peu antérieur à M 94, date de la « réduction de Paris * en l'obéissance du Roi (voir page suivante), et postérieur au séjour que fit Bertaut à Bourgueil. (Voir Introduction.)
Ce duc de Montpensier ne doit donc pas être le deuxième duc François, mort en i $92, mais plutôt Henri, fils de François, dit d'abord le prince de Dombes, puis duc de Montpensier (troisième duc), à la mort de François (i $92). Il fut gouverneur de Normandie et mourut en 1608. Il avait épousé l'héritière de Joyeuse, Henriette-Catherine, dont il eut une ; fille, Marie, qui épousa Gaston d'Orléans.
DE M. BERTAVT. 289
Non, à d'autres qu'à vous ie ne veux point deuoir Le bien que par vos mains i'espere receuoir, Deust la fortune en estre enuers moy plus cruelle.
Le ciel m'y soit propice, et face tellement, Que i'aye en ceste attente vn plus iuste argument De me loiier de vous, que de me plaindre d'elle.
A EVX-MESMES.
Esprits dont la vertu maintient la sympathie Qui d'vn ferme lien ioinct ensemble vos cœurs, Tant la sage bonté qui reluit en vos mœurs Semble estre également entre vous départie :
C'est par vostre faueur que mon ame est sortie Du pouuoir des ennuis, des soins et des douleurs : Que mes poignans chardons se sont changez en fleurs, Et ma longue amertume en douceur conuertie.
Maintenant sortiroy-ie, auec ma liberté, Du lien inuisible où se trouue arresté Le soucieux esprit d'un debteur non soluable,
N'estoit que ie retombe es liens que ie fuy : Car ce qui maintenant m'acquitte enuers autruy, Me rend en vostre endroit à iamais redeuable.
AV ROY