THRESORIER DE LA MAISON DE LA ROYNE LOYSE
Qvand ton œil à Poictiers me veit premièrement, Et que le mien aussi receut ta cognoissance : ^Vn mutuel désir d'éternelle accointance Au profond de nos cœurs s'esmeut également.
Toy, tu i'y veis poussé d'auoir faict iugement Que le sçauoir en moy surpassoit l'ignorance, Et moy i'y fu porté d'auoir prins asseurance Que cent belles vertus te seruoient d'ornement.
Ainsi l'opinion conceue en nos pensées Fist naistre l'amitié qui les tient enlacées, Et qui dedans nos cœurs a si bien pénétré :
Cause légère en soy, mais d'effect perdurable, Encore que la preuue à la fm ait monstre, De tous ces deux pensers le mien seul véritable.
DE M. Bertavt. 299