Louis XIII, né en
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Imitant ce Grand Roy ta gloire et nostre appuy : Car sa rare valeur n'ayant point de pareille, Tu serois bien toy-mesme vne estrange merueille, De n'estre point vaillant, et d'estre yssu de luy.
Mais, ô nouueau César, que ce soit l'Arabie, Ou la Thrace guerrière, ou Fardante Libye, Qui fournisse à ton chef des lauriers tousiours verds, Quand l'audace Ottomanne ayant esté frapee De la foudre des coups tombants de ton espee Le bruit en tonnera parmy tout l'vniuers.
Que désormais sous toy sommeillent nos Prouinces^ Que nous ne voyons plus nos peuples et nos Princes Se meurtrir sans pitié de parricides coups. Assez long temps la France a ploré ses trophées : Y soient à l'aduenir les guerres étoufees, Vous manquant le sujet de triompher de nous.
Et cet heur aduiendra : tout desja nous l'augure : Fout fait q^ue l'espérance en nostre ame figure ^'estat délicieux d'vn durable repos :
it semble que desja tournant l'œil sur les armes 3ii ton généreux Père a tant passé d'allarmes, Du sein de ton berceau tu leur tiens ces propos :
Armes, que le Grand Roy qui vous rend glorieuses ^e deuestit iamais sinon victorieuses, ^a Paix pour quelques ans vous a fait dépouiller : ^ais moy ie vous tiendray si long temps deuestuës, ^u'au lieu que les malheurs qui vous ont combattues, /ous ont fait resplendir, ie vous feray rouiller.
le vous feray rouiller à l'ombre de l'oliue, usqu'à tant que mon âge à son printemps arriue. Il que i'en voye vn iour mes membres reuestus : succédant à sa gloire auec tant de mérite, ^e nulle viue voix, que nulle histoire escrite ^e me puisse iamais reprocher ses vertus.
^ Ainsi sembles-tu dire en ton muet langage : Ht tout ce grand Royaume, à qui tu sers de gage
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Du repos que le ciel luy promet désormais, Secondant de ses vœux la fm de tes paroles, Monstre en des cris de joye atteignans iusqu'aux pôles. Que tout ce qu'il désire est ce que tu promets.
Aussi manquois-tu seul aux souhaits de la France, Et sans le doux espoir qui naist de ta naissance. Bien eust peu croire encor la publique douleur, Tant d'illustres effects de bon-heur manifeste Ne nous'estre donnez de la bonté céleste. Que pour seruir de proye à quelque autre malheur.
Mais amsi que le Dieu qui les ans renouuelle, En naissant attacha d'vne chaine éternelle Déle^ ondoyante encor sur le flot azuré : Ainsi, Royal enfant ta naissance a la gloire D'affermir et fonder, mieux qu'aucune victoire. Le repos de la France encor mal-asseuré.
C'est pourquoy, si le peuple aux astres en enuoye Tant de cris d'allégresse entre ses feux de joye, Et du bruit des canons fait tout l'air retentir : Certes, puisque ce bien rend sa crainte amortie. Sa joye est iuste et saincte : et s'il ne l'eust sentie. Il n'eust pas mérité de iamais en sentir.
Mais si ceste allégresse en quelqu'vn est extrême. Bien doit-elle, ô Grand Roy, te rauir à toy-mesme, Et faire refleurir les plaisirs de ton cœur; Puis qu'entre les succez dont ton règne prospère, Il ne te restoit plus que d'estre un heureux père, Apres t'estre fait voir vn si clément vainqueur.
Qui d'entre les mortels dignement pourra dire QueTheur à ta grandeur, et quel à ton Empire Ce Royal enfançon apporte quand et soy? Il fait qu'en doux repos ton estât se maintienne :
I. Dèle pour Délos. — Suivant la fable, Neptune fit d'un coup de trident sortir Délos du fond de la mer, et Jupiter la fixa par des chaînes de diamant; Bertaut semble dire que ce fut Apollon ki-même.
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Dés qu'il reçoit la vie il asseure la tienne, Et te rend en naissant le bien qu'il a de toy.
De nombrer les lauriers que le ciel luy destine, C'est chose qu'Apollon reserue à sa Cortine^ : Mais bien peut-on préuoir des yeux du iugement, Combien, en pratiquant tes vaillants exercices A vingt ans te rendra de glorieux seruices Celuy qui t'en fait tant en naissant seulement.
Puisse-il faire qu'vn iour l'Europe assujettie Soit de ton iuste empire vne seule partie, Oi!i sa gloire fleurisse ainsi comme d'vn Dieu : Tant qu'en fm se monstrant en égale balance, Aymé pour sa iustice et craint pour sa vaillance, Desja chenu par l'âge il succède à ton lieu.
Cependant qu'il apprenne à te suiure h la trace,* Et qu'entre tes vertus de bonne heure il embrasse Ta valeur, ta bonté, ta clémence et ta foy : Non pour t'y surmonter, car qui le pourroit faire? Mais pour auoir l'honneur (sinon autre salaire) De n'estre en ces vertus égalé que par toy.
Qu'il ayme les beaux arts dont les Muses s'honorent Et sçache que les ans toutes choses deuorent Fors les sacrez labeurs d'vn illustre écriuain : Que Fespee est sans nom qui ne doit rien au liure : Et que pour acquérir l'honneur de tousiours viure. Si l'vn ne parle point, l'autre combat en vain.
Qu Qu-
1 ayme. ses sujets ; qu'il en soit le refuge : 1 s'en rende aduocat lorsqu'il en sera iuge : 1 soulage leur dos le voyant opprimé : s'en estime père, et qu'en soy-mesme il pense
Qu'vn père est malheureux qui par son inclémence N ayme point ses enfants, ny n'en est point aymé.
Qu'en escoutant les cris des âmes les plus viles, Beny, chery de tous il se rende inutiles
I . Trépied d'airain consacré à Apollon et qui était gardé chez les quindécemvirs.
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Les gardes dont ses flancs seront ceints nuit et iour : Lisant es accidents dont la vie est féconde Qiic des moindres sujets aux plus grands Roys du monde Redoutable est la crainte oia ne vit point l'amour.
Qu'il ayme, qu'il adore et craigne tout-ensemble Celuy sous qui la terre et le ciel mesme tremble, Et sans qui nul estât ne sçauroit se fonder; Qu'il sçache que c'est luy qui maintient les Monarques, Et qui montre aux plus grands en mille insignes marques Qu'vn Roy qui le sert mal ne peut bien commander.
Bref, que pour estre en fin comparable aux célestes, Il croye à tes conseils, et se mire en tes gestes. Sans monstrer ses beaux faits d'aucun vice enlaidis : Qu'il te reuere et serue, et qu'il serue et rëuere Celle qu'il vient de rendre autant heureuse mère, Que bien-heureuse femme un iour tu la rendis.
Car, certes, bien doit-elle heureuse estre nommée, Et de toy, de ta France, et de ton peuple aymée, Elle qui rend ainsi ton Estât bien-heureux : Et qui te donne plus en ce qu'elle nous donne. Que si t'enrichissant d'vne neuue couronne. Elle triploit ton sceptre en ton poing valeureux.
Puisse-elle auecques toy sans cesse bien-heureuse - Repaistre en doux repos son ame généreuse Du nectar des plaisirs dont contant tu te pais : Digne d'estre appelée vne lunon en terre, N'estoit que de lunon vint le dieu de la guerre. Et qu'elle nous enfante vne éternelle paix.
Puisse-elle auecques toy long temps régir le monde, Eusse-tu pour ta part de la machine ronde Ce que les premiers ans diuiserent en trois ; Puis qu'estant le miroir des plus parfaites âmes, Sa prudente beauté luy.donne entre les dames Le nom que ta valeur t'acquiert entre les Roys.
Et toy repose en paix dessus vn lict de palmes, Roy de qui les labeurs rendans nos troubles calmes
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Font maintenant sous toy reposer tant d'esprits : Et que ce doux sommeil dont après la victoire Alexandre dormoit au giron de la gloire, Soit de tes longs trauaux et le charme et le prix.
Que dy-ie, en soit le prix ? ie faux, vaillant Monarque, Vn renom fleurissant et vainqueur de la Parque T'en doit recompenser sous la voûte des cieux : Ou si quelque repos des tormentes humaines Peut estre le loyer de tes fameuses peines Ce doit estre celuy qu'on prend entre les Dieux.
Bien tost puisses-tu voir de ta chaire Royale, Ton bien-heureux Dauphin ioùer emmy ta sale, Et sur ses petits pas luy-mesme s'y guider : De ses petites mains tastonner ton espee : Dresser d'vn petit fort la muraille escarpée, Et dés le berceau mesme apprendre à commander.
Et puis, ayant franchy les bornes de l'enfance, Aller rendre l'Asie vne nouuelle France, Et soubmettre à ton joug ses Sultans, et Sophis : T'assujettir le Nil, le Danube et le Gange : Et par mille beaux faits passans toute louange. Mériter iustenlêflir d'estre appelé ton fils.
IMITATION DU 71. PSEAUME Deus iiidichim tuiim régi da, etc.
EN FORME DE PRIERE PROPHETIQL'E POUR LA GRANDEUR ET PROSPERITE DE MONSEIGNEUR
LE DAVPHIN.
Grand Monarque du ciel, de la terre, et de l'onde. Preste ce iugement dont tu régis le monde Pour règle et pour exemple aux soings de notre Roy : Fay que Theur de ton règne en son règne fleurisse :
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Et donne au fils du Roy pour guide ta lustice, Afin que tous ses pas cheminent en ta loy.
Geste rare vertu conseillant ses pensées, Il sera le support des âmes oppressées, Et l'asseuré recours des peuples affligez : Le pauure et l'innocent 1 auront pour leur deffence : Et les iustes sous luy receuants quelque offence, S'ils n'en sont secouruz, ils en seront vangez.
Par luy la douce paix et ses chères compagnes Verseront tous leurs fruits sur le dos des montagne? Pour n'en.laisser iamais l'abondance tarir : Et la saincte équité chargera les collines De ceux que la vertu produit de ses racines, Et que toy, grand Soleil, tu fais croistre et meurir.
Il ira loing de luy chassant la calomnie, Et fera voir la Foy que la fraude a banye, Reuenir demeurer sur ce ferme élément : Arrachant et le pauure et l'humble tout ensemble Des ongles du méchant, et de celuy qui semble Auoir receu des mains pour rauir seulement.
Aussi, tant qu'on verra la lumière commune Et de Fardant soleil et de l'humide lune, D'vn tour alternatif proumener sa splendeur ; Autant viura sa gloire illustre et reueree : La seule éternité mesurant sa durée, Et l'infinité seule égallant sa grandeur.
Nos champs fumoient encor des fiâmes de la guerre, Qu'il vint entre nos vœux se monstrer à la terre, Plus doux que n'est la pluye à l'herbage altéré : Sur le publique espoir qu'en essuyant nos larmes. Il fera succéder à empire des armes Le règne d'vn repos constamment asseuré.
Et, Seigneur, tu rendras cet espoir véritable, Ornant la majesté de son trosne équitable Des immortelles fleurs dont la paix est le fruit : Et le feras régner, que la lune argentée
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Ne versant plus ça bas sa lumière empruntée, Cessera d'estre au ciel le soleil de la nuit.
Il plantera ses loix sur toute l'estenduë Que l'vne et l'autre mer largement épanduë Borne tout à l'entour de limites flottants : Son -sceptre deuiendra la mesure du monde : Et les champs infinis de la terre et de Tonde Verront ses subjects seuls estre leurs habitants.
Ceux que le Nil abreuue en ses ondes naissantes Reuereront les pas imprimez de ses plantes ', Baissants sous ses genoux leur superbe sourcy : Mesme ses ennemis en lécheront la poudre : Et de son puissant bras ayans senty la foudre, ' Fuiront de sa vaillance aux pieds de sa mercy.
Les Rois de qui la mer couronne les prouinces. Et ceux que l'Arabie arrange- entre ses Princes, Viendront chargez de dons implorer sa bonté : Tous reuerants autant les loix de sa puissance Que si ne viure point sous son obéissance, C'estoit rébellion, et non pas liberté.
Bref le ciel ne verra sceptres ny Diadèmes Qui n'adorent son nom, et les grâces extrêmes Dont il fera par tout ressentir les efïects : Et de qui le renom, et la gloire, et les charmes Pourront plus sur les cœurs sans contrainte et sans armes Que le sanglant acier sur ceux qu'il a deffaicts.
.^ Car offencé de voir l'équité violée. Il deffendra des grands la vefue désolée, Et le pauure orfelin à qui l'on fera tort : Il leur ira seruant et d'espoux et de père. Tellement que leur bien naissant de leur misère, Ce sera leur bon-heur que manquer de support.