‹ Œuvres poétiquesChapitre 103 sur 168 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

3e n'y rai% que pour tous , barbare que tous êtes ; Pour TOUS , à qai des Grecs moi seul je ne dois rien ; Vous , que j'ai fait nommer et leur cbef et le mien; Vous , que mon bras vengeoit dans Lesbos enflammée. Avant que vous eussiez assemble votre armée.

Et quel fut le dessein qui nous assembla tons ? Ne couron»-nous pas rendre Hélène à son époux? Depuis quand pense-t-on qu'inutile à moir>méme Je me laisse ravir une épouse que j'aime?

Seul, d'un honteux affront votre frère blessé A->t-il droit de venger son amour offensé ?

Votre fille me plut, je prétendis lui plaire; Elle est de mes serments seule dépositaire :

Content de son hymen , vaisseaux , armes , soldats , Ma foi lui promit tout, et rien à Ménélas.

Qu'il poursuive, s'il veut, son épouse enlevée; Qu'il cherche une victoire à mon sang réservée : Je ne connois Priam , Hélène , ni Paris ; Je voulois votre fille , et ne pars qu'à ce prix.

AGAMEMNON

Fuyez donc : retournez dans votre Thessalie.

Moi-même je vous rends le serment qui vous lie. Assez d'autres viendront , à mes ordres soumis , Se couvrir des lauriers qui vous furent promis ; Et , par d'heureux exploits forçant la destinée , Trouveront d'Ilion la fatale journée.

J'entrevois vos mépris , et juge , à vos discours ,

178 IPHIGÉNIE

Combien j'achéterois vos saperbes secours .

De la Grèce déjà vous vous rendez l'arbitre : Ses rois , à vous ouïr, m'ont paré d'un vain titre. , Fier de votre valeur, tout, si je vous en crois. Doit marcher, doit fléchir, doit trembler sous vos lois. Un bienfait reproché tint toujours lieu d'offense : Je veux moins de valeur, et plus d'obéissance. Fuyez. Je ne crains point votre impuissant courroux; Et je romps tous les nœuds qui m'attachent à vous.

ACHILLE

Rendez grâce au seul nœud qui retient ma colère : D'Iphigénie encor je respecte le père.

Peut-être , sans ce nom , le chef de tant de rois M'auroit osé braver pour la dernière fois.

Je ne dis plus qu'un mot ; c'est à vous de m'entendre. J'ai votre fille ensemble et ma gloire à défendre : Pour aller jusqu'au cœur que vous voulez percer. Voilà par quels chemins vos coups doivent passer.

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