‹ Œuvres poétiquesChapitre 113 sur 168 · JE G I N E · texte numérisé non relu

JE G I N E

Où courez-vous, madame? et que voulez-vous faire?

CLYTEMNESTRE

Hélas ! je me consume en impuissants efforts , Et rentre au trouble affreux dont à peine je sors. Mourrai-je tant de fois sans sortir de la vie !

19a IPHIGÉNIE.

Ah ! savez-voa» le crime , et qui vous a trahie , Madame? Savez-vous quel serpent inhumain Iphigénie avoit retiré dans son sein? Eriphile , en ces Uenx par vous-même conduite , A seule à tous les Grecs révélé voire fuite.

CLYTEMNESTRE

O monstre , que Mégère en ses flancs a porté ! Monstre , (jue dans nos bras les enfers ont jeté ! Quoi ! ta ne mourra spoint! Qaoî ! pour pnnir son crime. . . Mais oCt va ma douleur chercher une victime?

Quoi ! pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux. Mer, ta n'ouvriras pas des abymes nouveaux !

Quoi! lorsque , les chassant du port qui les recèle, L'Aulide aura vomi leur flotte criminelle , Les vents, les mêmes vents, si long-temps accusés. Ne te couvriront pas de ses vaisseaux brisés ! Et toi , soleil , et toi , qui , dans cette contrée , Reconnois l'héritier et le vrai fils d'Atrée , Toi , qui n osas du père éclairer le festin , Recule , ils t'ont appris ce funeste chemin.

Mais, cependant, ô ciel ! ô mère infortunée ! De festons odieux ma fille couronnée Tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés ! Calchas va dans son sang... Barbares ! arrêtez : C'est le pur sang du dieu qui lance le tonnerre... J'entends gronder la foudre , et sens trembler la terre :

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